Amazon, Google... Tous investissent le domaine du "SaaS". Ce secteur prometteur se heurte encore à des limitations, notamment au niveau de la qualité de service. Le salut viendra t-il d'IBM ou de Microsoft ?

Par Raymond Sclison, directeur technique de la SSII Cosmobay-Vectis
Lentement mais sûrement le concept de l'informatique hébergée fait son chemin. La marge de progression et d'adoption de cette nouvelle forme de l'informatique est considérable. De fait il s'agit du champ de croissance le plus prometteur pour les géants du software. Selon moi, le dernier événement en date est le lancement par Google d'une nouvelle plate-forme nommée Google App Engine. Cette solution promet ni plus ni moins que de faire tourner vos applications web sur l'infrastructure Google, apportant ainsi une sécurité et une montée en charge importantes. Elle est pour l'instant limitée aux langages et frameworks Python, pour lesquels on connaît l'inclination de Google. Mais elle donne la possibilité de créer des applications qui seront déployées de manière transparente sur l'infrastructure.
Google lance App Engine
Il suffit de développer ses programmes dans un cadre très simplifié, d'utiliser les APIs de Google puis de déployer directement les applications sur l'infrastructure Google d'un "simple clic". Il existe d'autres acteurs sur ce marché, bien sûr. Des hyper-spécialistes comme Bungee, des routards comme Salesforce avec AppExchange et des concurrents directs comme Amazon avec sa plate-forme EC2/S3. Mais je pense que l'arrivée concrète de Google sur le terrain va certainement contribuer à faire croître le marché et à susciter les appétits. A mon avis, ce qu'il faut observer à travers cette évolution, c'est l'avènement progressif du "cloud computing" total. Jusqu'ici on connaissait surtout ce dernier par l'utilisation de techniques de virtualisation et de cluster pour des applications dites "scalable".
Le véritable cloud computing est "on the way"
Demain on pourra entièrement développer, tester, déployer, exécuter et maintenir en étant hébergé sans jamais mobiliser des moyens locaux. Mais tempérons tout de suite les ardeurs de ce genre d'offres. Celles-ci, assez banalisées, présentent finalement encore des défauts : les applications sont soumises à des limitations, la qualité de service est difficile à contrôler. Le frein le plus important est certainement le côté encore un peu exotique de ce genre d'offre. Il ne reste donc plus qu'à attendre les réponses des géants du logiciel que nous avons listé, et qui pour l'instant n'ont pas énormément communiqué ni développé leur offres. A noter   cependant : Microsoft, qui s'est encore vu récemment "attaqué" par le Gartner sur l'avenir de son operating system, pourrait bien renforcer ses positions sur ce marché d'avenir.