Parce que les spams peuvent faire autant de mal à un système informatique que les bactéries à un organisme vivant, les premiers doivent être éradiqués de la même façon que les seconds. C'est un peu l'idée à la base des travaux de deux chercheurs qui ont inventé un système de filtre anti-spam inspiré du système immunitaire. Ces derniers sont partis d'un constat assez simple : les exigences que doivent remplir les systèmes de reconnaissance de courriels indésirables sont à peu près du même ordre que le fonctionnement du système immunitaire des vertébrés. De même que l'organisme discrimine régulièrement entre le "soi" et le "non-soi", c'est-à-dire ce qu'on appelle les pathogènes (virus, bactéries etc.), les fitres anti-spams doivent faire la distinction entre "bons" mails (hams) et "mauvais" mails (spams). Et de même que le système immunitaire doit sans cesse s'adapter pour faire face aux mutations des bactéries, les logiciels anti-spams doivent être suffisamment robustes pour reconnaître des "pourriels" de plus en plus sophistiqués. Bref, dans les deux cas il s'agit d'un problème de classification binaire, le but étant précisément qu'il n'y ait pas d'erreurs de classement, notamment en ce qui concerne les hams. Lesquels ne doivent pas être considérés à tort comme des spams. Alaa Abi-Haidar, de l'université d'Indiana et Luis Rocha, de l'institut Gulbenkian des sciences au Portugal, ont donc étudié l'algorithme utilisé par le système immunitaire des vertébrés. Et ils ont mis au point un système de détection des spams dont le fonctionnement repose sur les mêmes principes. Selon eux, cette solution est tout aussi performante que les logiciels de détection traditionnels. En plus, le "bio" est à la mode. Bon, ça a l'air simple comme ça mais en fait c'est très compliqué (comme c'est souvent le cas...) On peut en juger par soi-même puisque l'article que nos chercheurs ont rédigé est consultable en ligne : "Adaptative Spam Detection Inspired by the Immune System".

Rédigé par Pierre Bonnet