De l'intérêt marketing de ne pas faire comme les autres... La magie qui a entouré la découverte de l'iPhone par le grand public, lors du MacWorld qui s'est déroulé à San Francisco la semaine...

De l’intérêt marketing de ne pas faire comme les autres...
 
La magie qui a entouré la découverte de l’iPhone par le grand public, lors du MacWorld qui s’est déroulé à San Francisco la semaine passée, est digne des plus grands défilés de haute couture. A la fois secret et charismatique, Steve Jobs possède le talent des grands créateurs qui réussissent avec une simple collection à réinventer la mode. De même qu’avec Yves-Saint-Laurent les robes n’étaient plus des robes, ici les téléphones ne seront plus des téléphones.
 
Le talent de la présentation et des arguments marketing de Steve Jobs associé à la beauté esthétique de l’iPhone ont presque entièrement éclipsés pour la presse (voir à ce sujet le nombre d’articles, d’interviews, d’éloges...) comme pour le marché (l’action Apple a grimpé de plus de 8% les heures qui ont suivi le show iPhone) la masse grouillante de démonstrations technologiques qui ont eu lieu à Las Vegas la même semaine, donnant au CES des allures de grand salon prêt-à-porter où chacun crie, mais où rien ne perce.
 
Les difficultés possibles du futur iPhone...
 
Pourtant, rien n’est joué pour ce fabuleux produit. D’abord, parce qu’Apple va devoir se dépêtrer de la bataille que Cisco lui livre sur le nom. A ce jour, Apple réplique que le nom iPhone est générique et qu’il fait partie d’une famille de produits dont: iMac, iPod, iTunes... Mais, si ces arguments prévalent le nom iPhone sera utilisable par tous les constructeurs et l’effet de marque sera nécessairement amoindri…
 
Par ailleurs, si l’iPhone développé par Linksys (fililale de Cisco) est plus utilitaire (c’est avant tout un téléphone portable qui permet de communiquer moins cher grâce à de la voix sur IP lorsque l’on est couvert par une zone Wifi), il a aussi le mérite d'être moins onéreux: entre 80 et 370 dollars contre une fourchette qui se situe légèrement en dessous de 500 et 600 dollars pour Apple.
 
Convergence contre interopérabilité...
 
 Ensuite, parce que l’iPhone comme la plupart des produits Apple (iTunes, iTV, iPod...), aussi attractifs qu’ils soient, restent dans une logique propriétaire où contenus et terminaux doivent certes converger (voix, video, musique, images...), mais sans s’ouvrir à des contenus issus d’autres univers (en particulier musicaux).
 
Des rumeurs courent sur une possible remise en cause du système des DRM (Digital Rights Management, cadenas numériques limitant la diffusion des oeuvres) par Steve Jobs lui-même, à l’heure où les majors fléchissent de plus en plus sur le sujet. A voir... Quoiqu’il en soit, la beauté et l’ergonomie des produits d’Apple, malgré leur succès, se heurteront dans leur développement aux usages massivement multi plates-formes des internautes prêts à craquer pour un produit, mais peu enclins à s’enfermer dans un univers unique de consommation lorsque la Toile leur offre chaque jour, souvent gratuitement, une myriade de possibilités.
 
Jean de Chambure
Rédacteur en Chef