Et si dans quelques années, vous pouviez mettre la main sur un instrument en tout point semblable à un Stradivarius sans vous ruiner ?

Stradivarius Replicant

C'est le projet peu commun d'un radiologiste américain du FirstLight Health Systems dans le Minnesota, accompagné de deux luthiers de la région. Grâce à des technologies de tomographie assistée par ordinateur, utilisées habituellement dans la médecine, ils ont réussi à créer une reproduction d'un violon Stradivarius datant de 1704. Cette méthode d'imagerie non-invasive a permis de réaliser des plans en 3D des différents pièces composants l'instrument. Les éléments en bois ont ensuite été découpés grâce à des machines extrêmement précises puis assemblées à la main pour se rapprocher le plus près possible de l'original.

Si le premier objectif est purement intellectuel (établir la structure interne d'un violon mythique sans l'abimer ni avoir à le démonter), le deuxième s'avère être plus philanthrope : offrir à de jeunes musiciens des instruments bâtis sur un modèle d'exception, qu'ils ne pourraient absolument pas se payer en temps normal. Si le cœur vous en dit, vous pouvez toujours tenter votre chance avec 3 ou 4 millions de dollars minimum dans votre petite tirelire cochon.

Il serait également possible grâce à cette méthode de constater les éventuels dégâts et réparations internes de violons qui ont pu être exposés à toutes sortes de conditions, guerres et inondations en option. De quoi augmenter encore, si c'était nécessaire, la valeur de l'objet.

Problème : s'il apparaît évident que le son provenant d'un violon dépend de multiples facteurs (qualité et épaisseur du bois, forme, assemblage...), les chercheurs ne mentionnent pas si la douce mélopée s'échappant de cette réplique est identique ou approchant à celle de l'original. Parce que c'est bien joli d'avoir une bague orné d'un diamant, mais si ce dernier est un toc, c'est tout de suite beaucoup moins gratifiant.

Visiblement, les possesseurs de vrais Stradivarius peuvent encore dormir sur leurs deux oreilles, la concurrence des clones ne devrait pas faire trop d'ombres à leurs pièces de collection.

Rédigé par Mathieu Paumard