Les remous économiques actuels auraient été provoqués par la tendance humaine qui porte à suivre un mouvement de groupe et à accepter passivement la "sagesse conventionnelle". Vous avez dit moutons de Panurge ? C'est la conclusion de l'économiste universitaire Pierre Dussauge, professeur de management stratégique au groupe HEC de l'école de commerce de Paris. Je ne sais pas si l'on peut considérer cette tendance comme le facteur principal de crise. Mes connaissances économiques et financières ne me le permettent pas. Ce que je sais, c'est que cette tendance à obéir à la loi du troupeau, sans chercher forcément à réfléchir une information, n'épargne aucun d'entre nous. Et que du coup elle s'applique en toute logique au sein de l'entreprise et de l'économie. Environnements dans lesquels il nous arrive de spéculer, non pas sur des évènements réels, des faits physiques, mais sur des on-dit qui acquièrent leurs lettres de noblesses et sont institués au rang de vérité générale. Et qu'il devient difficile de remettre en question, même preuves à l'appui. Le professeur cite un autre exemple, celui de la délocalisation. Selon lui, l'idée selon laquelle faire construire dans un pays en développement coûte moins cher a tellement pris de galon que nombre d'entreprises se sont ruées vers cette solution. Sans calculer avant, pour beaucoup d'entre elles, que les coûts de transports et de gestion à distance réduiraient les économies réalisées. Cela ne veut pas dire que l'idée de départ soit fausse. Mais elle ne peut être appliquée de manière uniforme dans tous les cas. La solution ? "Les organisations qui s'en sortiront seront celles qui comprendront ce qui est à la base d'une décision stratégique efficace et qui auront le courage de se différencier des autres afin de se créer un atout".

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media