Si on reconnaît bien volontiers l'utilité marketing du eye-tracking (le consommateur est-il est attiré par les bons éléments visuels d'une affiche publicitaire?), on sous-estime souvent ses capacités lorsqu'il s'agit de mettre à l'épreuve des légendes urbaines tenaces.

La technologie sert à tout, même à perpétuer les clichés

Ainsi, la croyance populaire veut que les hommes ne puissent résister à l'attrait de la chair, tandis que le penchant des femmes se situerait plutôt au niveau du portefeuille. Eh bien figurez-vous que Miratech, qui réalise des tests utilisateurs et des études consommateurs en utilisant des solutions d'eye tracking, a réalisé une étude (qu'il veut très sérieuse...) sur le sujet, auprès de 210 participants issus de 7 pays. Et celle-ci prouverait le bien fondé de cette affirmation. Ou tout du moins ferait tout pour continuer à perpétrer cette tradition en se basant sur des preuves technologiques...

Ainsi, les 210 participants étaient invités à regarder 20 secondes durant, l'image d'une demoiselle aux atours largement visibles.  Et les résultats sont les suivants: tous pays confondus, les hommes regardent la poitrine 37% plus longtemps que les femmes, tandis que les femmes regardent la bague  présente au doigt de la demoiselle 27% plus longtemps que les hommes (ces derniers n'ayant dans la plupart des cas même pas remarqué sa présence).

On pourrait légitimement critiquer le mode d'étude: n'aurait-il pas été plus pertinent de montrer la photographie d'un beau damoiseau aux représentantes féminines du panel? Les Françaises de ce même panel se chargent de porter un coup fatal à cette argumentation. De fait, le temps passé à regarder la poitrine est extrêmement proche de la moyenne masculine.

Rédigé par Johnatan Farouz