Alors que le jeu Battlefield 3 devrait débarquer prochainement dans nos chaumières, son éditeur se prend les pieds dans le tapis en Norvège...

"This" is war ?

Réussir à se mettre à dos toute la presse vidéoludique d'un pays, il fallait quand même le faire. C'est le tour de force réalisé par la succursale d'Electronic Arts en Norvège. Le développeur a en effet envoyé à tous les magazines un questionnaire plutôt pointu sur les affinités des journalistes des rédactions avec leur franchise Battlefield. Une série d'interrogations assez indiscrètes allant de "Avez-vous joué à tel ou tel jeu ? ", "Etes-vous enthousiaste ou non à l'idée de la sortie de ? " jusqu'à "Etes-vous fan de Call of Duty ?" soit le concurrent direct de Battlefield 3 sur le marché.

But non-avoué de l'opération : se prémunir contre les mauvaises notations potentielles de certains journaux en refusant de leur envoyer des versions tests. Une démarche incroyable qui a provoqué un véritable taulé en Norvège, obligeant les pontes marketing d'Electronic Arts à faire machine arrière et s'excuser platement pour ne pas subir la vindicte de la presse.

Même si cette initiative n'a pas pu aller à son terme, elle en dit déjà bien long sur la liberté d'expression que l'on daignera accorder aux journalistes dans le futur. Sélectionnés, triés sur le volet, fans et parfaitement aseptisés, voilà visiblement les caractéristiques souhaitées par certaines sociétés pour la presse de demain. Les émetteurs d'avis discordants seront probablement envoyés sur une prison sur Mars...

Je pense que nous devrions tous nous spécialiser dans des secteurs beaucoup moins polémiques et dangereux. J'envisage de me lancer dans l'analyse des pommes. Voire des poires. C'est bien plus consensuel puisque visiblement, même en jeu vidéo, on ne peut plus mener ses combats comme on le veut.

Rédigé par Mathieu Paumard