La torture, c’est la santé

Allez, c’est jeudi, sautons joyeusement et les deux pieds en avant dans les poncifs. Je vous refais donc le coup de l’étymologie du mot travail. Petite musique en sourdine type années folles, images en noir et blanc jauni (c’est un concept) qui grésillent et qui sautent de temps en temps : c’est parti ! Le mot "travail" provient du mot latin "trepalium" qui désignait un instrument de torture, on retrouve là l’origine pénible de ce qui constitue aujourd’hui le tiers de nos occupations quotidiennes (entre métro et dodo).

En tout cas les auteurs de l’étude dont je vais vous parler aujourd’hui doivent avoir révisé leurs déclinaisons latines puisque leur sujet concerne la mauvaise influence du travail sur la santé. En tout cas sur celle des travailleurs du secteur des nouvelles technologies.

D’après le sondage réalisé par The IT Job Board, plus de 80 % d’entre eux pensent que leur travail a un impact sur leur santé. Pour quasiment tous, cet impact est négatif. Nuançons tout de suite cette triste découverte, plus que le travail, c’est le contexte économique qui semble affecter la santé des cadres britanniques. Plus de 60 % des personnes interrogées affirment que leurs "sentiments négatifs" ont augmenté au cours de l’année précédente, c’est à dire depuis le début de la récession.

Conséquence inattendue de la crise : le surpoids des cadres. La moitié d’entre eux affirme que leur travail affecte négativement leurs habitudes alimentaires. Et près de 60 % des répondants disent avoir moins de temps pour faire de l’exercice. En même temps, quiconque s’est déjà promené dans une salle de sport pour cadres ventrus (pour adipeux en sueur, aurait plus joliment dit Brel) sait à quoi s’en tenir : toutes ces machines pleines de sangles et de métal, ces hommes et ces femmes trempés de sueur et souffrant visiblement le martyr, leurs visages crispés par l’effort et la douleur qui se convulsionnent, ça ne vous évoque rien ?

A bien y regarder, la crise a simplement changé un moyen de torture contre un autre, non ?

Rédigé par Nathanaël Vittrant