Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai pu entendre l’effroyable son des plus grands compositeurs se retournant dans leur tombe, jusqu’à la creuser davantage. Surtout en ce qui concerne certaines écoutes hasardeuses de musiques électroniques (n’en déplaise à certains). Quand bien même je dois avouer que les nouvelles technologies apportent parfois ce petit plus qui fait avancer, si ce n’est la pratique, le langage musical. C’est ainsi que le New Scientist nous apprend la sortie d’un album best of de 22 mélodies Twitter, appelé sc140, aujourd’hui disponible en téléchargement gratuit sur la toile. De la musique sur Twitter ? Comment est-ce possible ?
Tout commence avec le langage de programmation SuperCollider, utilisé à l’origine par les compositeurs électroacoustiques et Djs pour synthétiser une grande variété de sons. Jusqu’à ce que les internautes décident de twitter leurs propres lignes de codes en guise de partitions informatisées. L’Ode à la joie de Beethoven par exemple, se déclinera comme tel :
{b="GGHJJHGECCEG".ascii.stutter;f=Duty.kr(0.15,0,Dseq([b,71!3,69!5,b,69!3,67!5,0].flat.midicps))*[1,2];LFCub.ar(f)/9}.play
Moi qui ait appris à écrire sur portée, je ne ferai pourtant pas mon rabat-joie une ligne de plus.
A l’instar d’Adrian Moore, compositeur et chercheur à l’Université de Sheffield en Angleterre, qui trouve la forme particulièrement bien adaptée à la plate-forme de micro-blogging. Et bien que les 140 caractères imposés demeurent quelque peu restrictifs, il est toujours possible de coder plusieurs minutes de musique en incorporant des séquences répétitives.

Je ne peux donc qu’encourager ces compositeurs « next generation ». Je mets simplement au défi quiconque de retranscrire une partition de Stockhausen, de Pierre Boulez ou les chansons les plus torturées de Dream Theater. A vos claviers !
Ces informations sont à retrouver dans un article de L’Atelier US : First Album of Music Composed for Twitter Released.

Rédigé par Jonathan Seu