Il fut un temps où, comme disaient les grands z'anciens, la politique de la France se décidait à la Corbeille. En ce qui concerne le concert diplomatique, pour éviter toute fausse note, et esquisser un léger dégel au niveau des chancelleries, mieux vaut désormais en passer...par Twitter.

Il y a quelques jours un certain « Uriminzok » (ou Uriminzokkiri selon les déclinaisons) est parti à l'assaut des réseaux sociaux. Facebook, Youtube, Twitter, rien ne semblait l'arrêter. Cet identifiant, puisque nous ne parlons même pas ici d'internaute, signifierait, (l'information est d'importance pour qui n'a pas pris Coréen en deuxième langue), « entre nos peuples ». Et serait une sorte de « calling card » 2.0 de cette terre de haut-débit nucléaire qu'est la Corée du Nord. Pays tenu d'une main de fer par le « Cher dirigeant » Kim Jon Il.

Cette initiative insolite a suscité des réactions inattendues. Certes la Corée du Sud, toute à son affaire lorsqu'il s'agit de ne pas plaisanter avec la sécurité nationale a de suite bloqué tout accès à ces tweets maudits. Mais plus surprenant, les Etats-Unis, pour qui la Corée du Nord, figure encore parmi les pays de l'Axe du Mal défini en son temps par George W.Bush, ont décidé de poster un tweet de bienvenu au nouveau compte Twitter.

Encore faut-il souligner que pour ce haut fait d'arme, l'administration américaine n'a-t-elle pas envoyé au front Hillary Clinton, mais un certain Philip Crowley de son état « U.S assistant Secretary of State for Public Affairs ». Ce qui relativise un peu la portée du message. A propos que disait-il ce cher Crowley? Ouvrons les guillemets: « We use Twitter to connect, to inform, and to debate. We welcome North #Korea to Twitter and the networked world ».

Voilà pour la position officielle. Pendant ce temps, Facebook à qui, à vrai dire, l'on ne demandait rien, a décidé de son propre chef de fermer deux des comptes « Uriminzokkiri » ouverts sur sa plate-forme.

Coïncidence ou pas, quelques heures plus tard, Lady Gaga, riche de ses 5,7 millions de followers était élue reine de Twitter. En 2010, Facebook, arbitre les élégances diplomatiques, et Twitter arbitre les élégances tout court. Cela dit, on attend encore que la nouvelle souveraine décroche son Telephone, pour faire régner la paix sur Terre.