L'Atelier est à la pointe. Cela fait plusieurs années que l'on vous parle de 3D, 3D sur le web avec Galdric, 3D au cinéma durant l'Atelier Numérique, 3D en pub au superbowl, bref, 3D everywhere. L'Atelier est à la pointe, mais moi, non. Ce n'est qu'hier que j'ai réussi à me bouger pour allez voir un film qui sort de l'écran. C'est cela aussi, la veille. Et c'est tombé sur Up, La Haut. J'aurais pu aller voir Marion Cotillard en tortue, mais il n'est pas encore sorti et je me suis déjà fait avoir par Luc Besson et son Atlantis, alors... Up. Ce qui m'a plu en dehors du film, c'est la réaction du public. J'ai cru assister à la projection de l'arrivée du train à la Ciotat, avec les spectateurs qui crient en voyant la locomotive arriver sur eux. La différence ? La couleur, la 3D, l'odeur du pop-corn qui infeste la salle, et l'absence de train. Et puis aussi 114 années.

En l'occurrence, mes amis temporaires du MK2 n'ont pas tant réagi durant Up que durant la publicité Haribo où les bonbons volaient dans la salle. J'attends avec impatience la version Tri Di de la réclame pour la pizzeria Del Novona où de vilaines calzones au champignon en couleurs délavées nous seraient virtuellement servies pas plus loin qu'à deux mètres de la bouche.

Quant au film, finalement, l'apport de la 3D était discret, ce qui magnifiait les images : ce n'était pas le tableau 3D animé des chutes du Sichuan que l'on peut trouver dans certains restaurants asiatiques très select. Mais il m'a surtout fait penser à Nothing, où une maison assiégée par l'immobilier se retrouve dans un espace où il n'y a rien (d'où le titre, hein, je vous la fais pas). A la différence que dans ce film, les acteurs finissent par se battre à coup de tête, puisque c'est tout ce qui reste de leur corps.

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia