Le collaboratif/social n'a pas attendu les éditeurs pour exister. Mais s'il y a une telle accélération ces derniers temps, c'est bien grâce à leurs outils*. Pourtant il existe encore parfois un fossé entre le public et ces derniers.

On ne va pas se mentir, la plupart des conférences n’existeraient pas sans des sponsors. Or, dans la majorité des cas les sponsors sont des éditeurs. Pourtant, lors de la session de l’Entreprise 2.0 summit, spécifiquement consacrée aux éditeurs de solutions (les sponsors en l’occurrence), la prestation a été assez mal reçue par l’audience. Le tweet wall derrière eux était là pour en témoigner en direct. A la sortie de cette session, beaucoup de gens ont eu des mots assez durs pour le panel d’éditeur qui venait d’intervenir. Ils attendaient une vision un peu prospectiviste sur ce que les éditeurs allaient proposer dans le futur et sans doute une plus "franche camaraderie" (un peu bisounours peut-être, on est dans le monde du business avec des concurrents). Résultat, ils on eu l’impression de voir une foire d’empoigne où chacun mettait en avant le collaboratif pour mieux "faire l’article" et débiner son voisin.

Peut-il y avoir des conférences sans éditeurs ?

Déjà, à la Boston Enterprise 2.0 Conference, beaucoup regrettaient que les éditeurs soient aussi présents (ils siègent au niveau de l’organisation de la conférence) et ont eu l’impression de participer de plus en plus à une foire commerciale. Cela veut-il dire que les éditeurs ne doivent plus participer à ce type d’événement ? Loin de moi l’idée de prétendre cela, et surtout que je suis persuadé qu’ils ont toute leur place, au contraire. Après, la méthode est sans doute en partie à revoir. Pas sûr que ce type de table ronde soient la bonne solution, trop commerciale pour les gens assistant à ce type d’événement. Quand CBRE met en avant l’ergonomie de Seemy pendant son retour d’expérience, il est leur meilleur VRP. De même, lorsque la directrice de la communication de Lagardère publicité parle de leur RSE Youme avec chaleur, tout de suite quelqu’un dans l’assistance a demandé qui était l’éditeur derrière ce nom (YoolinkPro en l’occurrence), car on voit que la solution l’a conquise.

Un équilibre à trouver ?

Durant la session sur l’open innovation, Visteon a montré avec conviction ce que 3DSwYm de Dassault Système a permis de réaliser chez lui grâce à la 3D et c’était beaucoup plus convaincant qu’un discours commercial. La participation de Luis Suarez d’IBM à ce type d’événement, sans mettre son entreprise en avant, où il fait passer ses idées de manière assez percutante est toujours appréciée, à juste titre. Mais tout le monde sait où il travaille et cela a un véritable impact, car son expertise rejaillit sur son entreprise, qui en tire les bénéfices. Rien de ne sert de rajouter des exemples de ce genre qui sont multiples. Donc pour moi oui, les éditeurs ont toute leur place, il faut sans doute juste trouver un équilibre plus social.

*Forrester prévoit pour eux un marché de 6,4 milliards en 2016