Qui vole un oeuf n'aura pas d'amis sur Facebook.

Mon voisin le tueur

Démarrons par un lieu commun: "Le problème des relations virtuelles, c'est que l'on ne sait pas toujours à qui l'on a affaire". Force est d'ailleurs de reconnaître que rien ne permet d'être certain que derrière le "Bob LeGentil" qui nous a contacté il y a quelques jours via Twitter, se cache réellement l'honnête père de deux enfants, marié, et philatéliste endiablé décrit par son profil. Qui sait? Peut-être ne s'agit-il que d'une façade! Peut-être vous trouvez-vous en relation avec un dangereux fidèle de la secte de Nicthulu, le dieu hamster à six pattes.

Afin de faire disparaitre ce terrible sentiment d'angoisse, Matt Haindfield, avocat vivant dans l'Iowa, a mis au point une application nommée Docket in Your Pocket (DYP), qui recense l'ensemble des crimes et délits ayant eu lieu dans l'état de... Pennsylvanie (pour toute recherche de logique, merci de repasser plus tard) depuis le début des années 2000.
Viols, assassinats, recels de bons d'achats Cora usagés, tous sont recensés, associés aux noms de leurs auteurs.

Ainsi si un doute vous taraude à propos une personne bien particulière, il vous suffit d'entrer son nom et son prénom dans le moteur de recherche de l'application, pour accéder directement à l'ensemble son casier judiciaire. Bien pratique pour rompre unilatéralement une relation("écoute, j'ai...j'ai découvert que tu avais dérobé un tube de dentifrice en 2004... je...je ne peux plus te faire confiance...tu me fais peur...").

Plus sérieusement, je ne sais pas pour vous, mais je trouve le principe un tantinet malsain. A priori, à moins de tomber sur un voleur de poules en cavale, votre interlocuteur, même coupable d'un crime, a forcément purgé sa peine. Peu de chances pourtant que quiconque accepte de nouer une relation, même virtuelle, avec lui, au vu de ses antécédents. Un bon moyen donc de le mettre au ban de la société, de le marquer au fer rouge pour le restant de sa vie.

On pourra évidemment vanter l'aspect préventif et sécuritaire de l'application. Je préfère conclure en soulignant que celle-ci nie le concept même de seconde chance et de nouveau départ.

 

Rédigé par Johnatan Farouz