Alors que 82 communes ont adopté le vote électronique pour la présidentielle du 22 avril, le procédé est loin de faire l'unanimité. En effet, de nombreux électeurs et plusieurs partis politiques remettent en cause la fiabilité du procédé...

Alors que 82 communes ont adopté le vote électronique pour la présidentielle du 22 avril, le procédé est loin de faire l'unanimité. En effet, de nombreux électeurs et plusieurs partis politiques remettent en cause la fiabilité du procédé.
 
Pour faire entendre leur voix, plusieurs citoyens, parmi lesquels des informaticiens, ont lancé le 28 février une pétition sur le site Internet ordinateurs-de-vote.org. Aujourd'hui, plus de 63 060 signatures ont été recueillies pour un maintien du vote papier. Pour ces protestataires, "les systèmes de vote électronique actuels ont une particularité les différenciant des autres systèmes informatiques: l'impossibilité de contrôler leur bon fonctionnement". Comment s'assurer dès lors du bon respect des règles démocratiques ? Et, souligne l'association, "si l'ordinateur modifie votre vote, qui s'en apercevra?". Autant de questions éthiques et républicaines qui restent en suspens...
 
D'autant que, selon le site, un certain manque de transparence règne autour de l'agrément des machines à voter. "Malgré nos demandes répétées à la Commission d'accès aux documents administratifs, nous n'avons jamais eu accès aux rapports d'agrément. Et ce refus a été motivé de manière inquiétante. On nous a indiqué que 'l'utilisation des rapports d'agrément pourrait compromettre le bon déroulement des élections'".
 
C'est pourquoi le comité appelle les 1.5 million d'électeurs concernés cette année par le vote électronique à s'assurer auprès de leurs collectivités que le matériel livré correspond à celui commandé.
 
Les opposants au vote électronique protestent également contre le fait que ces machines apporteraient une meilleure accessibilité aux électeurs handicapés. Selon Chantal Enguehard, maître de conférences en informatique à Nantes, dans des propos rapportés par 01net, "c'est là encore un argument commercial avancé pour passer au vote électronique. Mais ce sont des idées en l'air qui ne reposent sur aucune base scientifique digne de ce nom".
 
La polémique a également enflé du côté des candidats. Premier à réagir, le Parti Communiste Français avait estimé en janvier qu'avec ce système, "la fraude lors des élections par vote automatisé devient possible et relativement simple à organiser, et peut être conçue pour être indétectable". D'autres partis ont rapidement suivi, comme les Verts, l'UDF, ou encore le PS. Et récemment, des membres du PS, de l'UDF, des Verts et du PCF d'Issy-les-Moulineaux, une des premières communes à s'être engagée pour le vote électronique, ont réclamé un moratoire sur l'utilisation des machines à voter dans la cité.
 

(Atelier groupe BNP Paribas – 16/04/2007)