Les Français parlent aux Français (3) Mercredi 17 avril 2002 – Seattle 6 heures (du matin). Eh bien, il s’en passe des choses dans le vaste monde des collectivités ...

Les Français parlent aux Français (3) Mercredi 17 avril 2002 – Seattle 6 heures (du matin). Eh bien, il s’en passe des choses dans le vaste monde des collectivités locales, des gouvernements, et des administrations du monde entier… qu’il en est difficile de résumer la 1ère journée du 5ème Microsoft Global Leaders Conference. Quelques réflexions pêle-mêle… Après le monde des entreprises, des particuliers, la formidable machinerie techno-marketing de Microsoft s’est attaqué au monde du public. S’en est impressionnant L’immense salle de conférence (le grand ballroom du Westin Hotel de Seattle) dispose d’une grande scène flanquée de part et d’autre de trois immenses écrans. Sur celui du milieu : la tête du speaker retransmise en vidéo, sur les deux autres ses slides. Devant, des tables rondes où s’installent les participants. Derrière la technique et une armée de traducteurs qui travaillent en sept langues. Pratique intéressante : le Peer Networking (PN) qui là, n’a rien d’une technologie. Vous voulez rencontrer un fonctionnaire de Taiwan dont le nom est sur la liste des participants ? Vous allez au desk du PN. Vous dites que vous voulez rencontrez dans la salle de PN tel monsieur à telle heure. Son nom va apparaître sur des écrans plats à l’entrée de la salle de conférence. « Vous avez un message »… Le Taiwanais se rend au PN. On lui remet un magnifique bristol présentant votre requête… Pourquoi cette pratique ? Et bien figurez-vous qu’ici les administrations, les états, font du business sous l’œil bienveillant de Microsoft, flanqué de quatre ou cinq grosses boîtes de consulting (KPMG, CGI, Accenture, SchlumbergerSema, etc…) qui disposent d’un stand à l’entrée du Ballroom. Mécanique très bien huilée. La mise en e-governement d’un état, d’une région coûte cher (plusieurs dizaines de millions de dollars par exemple pour l’état anglais). Donc, si on peut revendre à tel autre état tout ou partie de la structure applicative… Certains d’ailleurs ne se sont pas gênés pour faire des appels du pied pendant leur présentation. Par exemple, le Premier Ministre de l’Etat du Brunswick canadien (qui en plus est Ministre de e-goverment - cet Etat a créé un ministère spécial), a l’espoir, avec l’aide de Microsoft et de CGI qui lui ont réalisé la chose, de vendre la structure de son portail à … l’Etat Américain. Même chose pour le Maire de Brême (vous savez la ville hanséatique …). Ce Lander a mis en œuvre un système de signature électronique de documents administratifs à base de carte à mémoire. Si vous êtes intéressés il suffit de contacter le Maire-Sénateur (un monsieur qui a du punch avec une stature ad hoc). Le gouvernement australien lui n’est pas en reste et a mis en ligne un système très astucieux de mise en relation de ses entreprises (a priori plus il y a de contact, plus il y a de business), à partir, et c’est cela qui est curieux, du fichier de recensement des entreprises. Sans compter que tout un tas de relations entre les entreprises et les administrations sont maintenant on line (par exemple avez vous réfléchit à ce qu’il faut effectuer comme démarches administratives pour ouvrir un nouveau restaurant, dont vous faites la construction ?) La Rand nous a fait un topo très sympathique sur ce qu’il faut faire avant de se mettre au travail pour lancer une structure de e-gouvernement. Par exemple, si vos fonctionnaires sont contre, que faut-il faire ? Vous trouverez le rapport sur http://www.pacificcouncil.org (je n’ai pas vérifié). Le MIT/Sloan nous a présenté un truc curieux : un index d’opacité par pays (très bizarrement la France n’y figure pas…). Quand le monde du business, du gouvernement, et des instances de régulations interagissent il y a plus ou moins d’opacité. Et cette opacité a un coût : plus l’opacité est forte, plus le coût est élevé. Cela revient à un impôt prélevé par quelques uns. Un haut fonctionnaire français avait publié sous un nom d’emprunt un article sur ce thème dans le Journal de l’Atelier, où il montrait que cette opacité était en corrélation avec le taux de connectés à l’Internet. Plus il y a de connectés à l’Internet, moins il y a d’opacité. Terminons sur quelques extraits du topo de Steve Ballmer. « Quand Microsoft gagne 1$, il en fait gagner 8 à toute l’industrie des technologies de l’information. Le XML – donc .Net -, est la clef de voûte du renouveau administratif qui permettra au citoyen de ne plus être considéré comme un usager, mais un client (sic). Now, it’s time for governments to act ». Voilà, qu’on se le dise. A bon entendeur salut… Sinon excellent dîner hier soir avec quelques Français de Corp (comme on dit), c’est-à-dire des Français qui travaillent ici sur le campus de Microsoft (il y en aurait environ 400). Cela nous a permis de revoir notamment notre ami Christian Huitema, qui travaille sur l’intégration d’ipv6 dans Windows (en fait c’est déjà fait). Ils ont l’air de bien se plaire ici. Nous attaquons aujourd’hui la dernière journée de cette conférence, qui promet encore quelques réflexions intéressantes. Avec notamment le speech très attendu de Monsieur Bill, notre père à tous… A demain (peut-être) (JM Billaut (jmbillaut@atelier.fr) - Atelier Groupe BNP Paribas – 18/04/2002) PS La presse locale se fait l’écho de «seattlewireless ». Figurez-vous qu’une bande de gamins (faut se méfier des gamins ..) est en train d’installer un réseau Wi-fi dans la ville de Seattle. Utilisation gratuite du réseau.. Ils recherchent actuellement des gens habitant sur le haut d’une colline, au dernier étage d’un immeuble pour leur installer une antenne Wi-fi. Ils font des calculs savants car les nodes doivent être à vue, et s’amusent comme des petits fous. Leur site vaut le détour…