Les acteurs de la deuxième génération de l'Internet proposent des modèles d'architecture plus agiles. Suffisamment pour supplanter les architectures de type SOA ? Cette question agite la blogosphère depuis un peu plus d'un an.

Par Guillaume PLOUIN, responsable de la veille technologique chez SQLI
 
L’histoire de l’informatique a démontré que les normes simples, comme HTTP ou XML, triomphent souvent d’ancêtres complexes. Pas étonnant que quelques enthousiastes du Web 2.0 souhaitent mettre à la poubelle les architectures orientées services (SOA), et en particulier les technologies Web Services. Certaines normes qui leurs sont associées - portant les doux noms de WS-Federation ou de WS-AtomicTransaction - sont effectivement complexes et immatures. Mais la remise en cause des fondamentaux que sont SOAP et WSDL est plus discutable. Pour ma part, je considère que les architectures issues du Web 2.0 (Mashup, Ajax) ne sont pas concurrentes, mais complémentaires. Certes, elles sont très bien adaptées aux services exposés sur le Web, grâce à un usage très intelligent de la richesse du protocole HTTP.
 
Pas au niveau pour les entreprises
 
Mais elles gèrent mal, ou pas du tout, un certain nombre des besoins cruciaux des systèmes d'information : échanges de messages asynchrones, contrôle transactionnel, sécurité, etc. Elles sont donc à proscrire dans un contexte de gestion de services métiers sophistiqués. Il faut bien retenir que l’objectif premier de SOA est de servir de plate-forme à l’exécution des processus métiers de l’entreprise : le Web 2.0 répond assez mal à cet objectif. Et les outils efficaces sur le Web n’ont pas toujours la versatilité nécessaire à des applications métiers transactionnelles avec des forts besoins en maintenance. Pour moi, les architectes qui prédisent la mort des Web Services sont les mêmes qui prétendaient que Java serait enterré par PHP... Le point amusant dans ce débat est que les convaincus du Web 2.0 commencent à être confrontés aux problématiques qui sont à l’origine de la complexité des Web Services.
 
Les widgets rattrapés par des problématiques de portails
 
Ainsi, la notion de contrat de service leur fait défaut dans le cadre d’échange entre applications: ils ont donc commencé à travailler sur un format intitulé WRDL (Web Ressource Description Language), qui n’est pas sans rappeler WSDL. Dans le domaine du Single Sign On - authentification unique - à l’échelle du Web, OpenID poursuit son évolution en se rapprochant peu à peu de la complexité de Liberty. Et les widgets de Netvibes ou iGoogle se trouvent confrontés aux vieilles problématiques des portails : la communication entre les portlets. Enfin, les acteurs du Web 2.0 essaient de gérer les problématiques de gestion de l’asynchronisme et de l’intégrité transactionnelle avec des extensions de RSS (en l'occurrence GDATA et SSE). Tout cela tendrait finalement à démontrer qu’il n’existe pas de solution simple à des questions complexes, et que les architectes expérimentés demeurent indispensables à tout projet d’envergure.
 
Blog : www.tendances.it
 
(*) Lire à ce sujet l'ouvrage "SOA, le guide de l’architecte du SI"
 

L'Atelier BNP Paribas