Prospective

La blockchain sauvera-t-elle nos océans tout en réduisant la pauvreté ?

  • 01 Juin
    2018
  • 2 min

En utilisant la blockchain, Plastic Bank offre un moyen sûr et transparent de monétiser la collecte de plastique avec une double mission : protéger nos océans et fournir des sources de revenus dans les régions les plus pauvres du monde.

Huit millions de tonnes de plastique sont jetées dans l'océan chaque année. C'est l'équivalent d'un camion à ordures de plastique qui est déversé dans l'océan chaque minute et chaque jour. À ce rythme là et sans action de notre part, les scientifiques estiment que, d'ici 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans l'océan. La Banque mondiale révèle que 80% de la pollution des océans provient de la mauvaise gestion des déchets solides à terre, notamment parce que les zones qui concentrent le plus de déchets plastiques – telle que Manilles aux Philippines – sont aussi les zones les plus pauvres, dont la priorité est la survie et non l'environnement. Et si la technologie pouvait aider à résoudre ces deux grands défis de l'humanité ? Réduire la pauvreté (qui touche près de 36% des citoyens du monde) tout en sauvant la planète ? C'est en tout cas l'ambition de Shaun Frankson, co-fondateur de Plastic Bank, venu présenter sa solution au Forum de l'OCDE le mardi 29 mai dernier. L'entreprise sociale, créée en mars 2013, juste après le tremblement de terre à Haïti, incite les personnes vivant sous le seuil de pauvreté à collecter les déchets plastique en échange d'argent ou de crédits leur permettant de répondre à des besoins urgents (recharges de téléphone portable, accès Internet, achat d'eau, financement d'une assurance médicale ou des frais de scolarité). Dans les centres de collecte – à Sao Paulo ou à Manilles – le plastique est alors pesé, et la rémunération indexée sur le poids du plastique collecté. Ces récompenses sont distribuées et authentifiées grâce à une application mobile, développée en partenariat avec IBM, et qui utilise la technologie blockchain pour fournir les moyens les plus sûrs et les plus fiables possibles dans des pays où la corruption et la criminalité sévissent. Les entreprises partenaires (Shell, Henkel, Starbucks, Marks & Spencers) achètent ce plastique responsable plus cher, ce qui permet à l'entreprise sociale de fournir un meilleur rendement financier à ses « ramasseurs de plastique ». Elle leur garantit ainsi un prix équitable, maintient la stabilité des prix, ce qui la différencie des intermédiaires existants. Plastic Bank réinvestit tous ses profits et s'efforce d'injecter autant de richesses que possible dans les économies locales des communautés de « ramasseurs de plastique ». À travers son mouvement « Social Plastic », l'ambition de Plastic Bank est de traiter le problème à la source, encourager la production et la consommation citoyenne, et faire que la graine de l'économie circulaire germe encore davantage au sein des grands groupes. 

Rédigé par Oriane Esposito