Prospective

Une étude montre l'importance du design dans la conception des robots

  • 17 Avr
    2018
  • 2 min

Des chercheurs américains ont mené une étude pour déterminer comment étaient perçus les robots en fonction de leur apparence.

D'où nous vient cette attirance-répulsion envers le robots ? Évidemment une grande partie du phénomène tire son origine de la culture populaire, de Frankenstein à Terminator en passant par Maria de Métropolis. Car le robot en soi n'est pas quelque chose de purement effrayant : qui a encore peur de son aspirateur ? En revanche, il le devient quand il prend des caractéristiques humaines, emprunte ses traites à l'être humain ou entre en concurrence avec lui. Regardez les débats, les peurs et les fantasmes que provoque le développement de l'intelligence artificielle, en permanence représentée sous les traits d'un humanoïde. Personne n'a pourtant eu peur des caisses automatiques. En 1970 déjà, le roboticien japonais Hiroshi Ishiguro faisait déjà remarquer l'inquiétante étrangeté de l'angoisse que l'on ressent quand on est en contact avec un être très proche de l'être humain mais qui ne l'est pas. Cette idée à fait son petit bout de chemin et revient aujourd'hui sur le devant de la scène à l'heure où les robots jouent les gardiens de la planète et se généralisent en entreprise. Aussi, en marge de la conférence internationale ACM sur l'interaction robotique humaine (HRI) qui a eu lieu le mois dernier, des roboticiens de l'Université de Washington à Seattle ont mené une enquête très ambitieuse afin de déterminer et comprendre les impacts du design, en particulier des visages, des robots sur un panel représentatif d'individus. Si l'hypothèse de Hiroshi Ishiguro s'est confirmée, il ressort également de l'étude que les visages de robots fonctionnant le mieux chez le public sont ceux qui arborent un graphisme épuré et dont les émotions sont plus proches des animaux de compagnies que des humains. Toutefois, il apparaît que cela peut varier selon la fonctionnalité attribuée aux robots comme le rappelle Alisa Kalegina, une des chercheuses de l'étude : « Nous avons souhaité examiner les emplois et contextes robotiques possibles, afin que les concepteurs puissent avoir une idée du type de fonctionnalités que les gens jugent appropriées pour différents types d'emplois. » Un robot domestique devra sembler plus affectueux qu'un robot industriel. Cette étude d'impact de vaste ampleur nous rappelle ainsi, si preuve il fallait, le rôle déterminant du design dans la robotique et à plus grande échelle, dans la technologie en général.

Rédigé par Théo Roux