Prospective

Les GAFA respectent-ils nos droits numériques ?

  • 04 Juin
    2018
  • 2 min

Lors du Forum de l'OCDE qui s'est ouvert le 29 mai dernier, Rebecca MacKinnon est venue présenter l'index de responsabilité des 22 entreprises de la Tech les plus influentes. Tour d'horizon des résultats.

A l'heure où les géants de la Tech et des télécommunications, de Facebook à Apple en passant par Google, prennent une place de plus en plus grande dans notre quotidien et exercent un pouvoir politique croissant, il est temps de questionner leur gouvernance, aux travers de problématiques éthiques. Si l'audit de Facebook, auprès du Congrès américain et de la Commission européenne, a permis quelque peu de réaffirmer les obligations pesant sur les plateformes et témoigner la surveillance multilatérale des acteurs politiques, les Etats-Nation semblent déléguer de plus en plus de prérogatives régaliennes au profit des GAFA, au grand dam de la démocratie réelle et de l'intérêt commun. Alors plus qu'un audit de façade, il convient de développer de véritables indicateurs du respect des droits digitaux des entreprises de la Tech, celles-là même qui influent tout les jours sur nos comportements et indirectement sur nos moeurs. 

C'est pourquoi, l'organisation Ranking Digital Rights a entrepris l'évaluation des politiques et des pratiques des 22 entreprises Internet, mobiles et de télécommunication les plus puissantes au monde. Pour ce faire, elle a dégagé trois indicateurs, correspondant aux trois grands droits digitaux fondamentaux : la bonne gouvernance, le respect de la liberté d'expression et le respect de la vie privée. Si ce sont des droits encore très libéraux et très généraux, ils nous renseignent déjà sur la politique des plateformes. Avec surprise, c'est Google qui, parmi les GAFA, est le plus respectueux des droits de ses utilisateurs. Il obtient en effet un index de 63% grâce aux engagement pris, pour plus de transparence sur leur activité, après être devenu membre du Global Network Initiative (GNI). Toutefois, le rapport recommande à la firme de "protéger davantage la vie privée de ses utilisateurs", notamment la vente des données à des fins publicitaires, de "clarifier les modalités et les raisons des suppressions de contenu" et de fournir "de meilleures voies de recours"

Pour ce qui est du bas du classement, c'est sans surprise que l'on retrouve nos amis de Facebook et Twitter qui obtiennent un score respectif de 55% et de 54%. Sur le premier, le rapport note que "Facebook s'est publiquement engagé à respecter les droits humains, mais a révélé moins de choses sur ses politiques et pratiques affectant la liberté d'expression et la vie privée que beaucoup de ses pairs.". Quant au second, "Twitter a divulgué moins d'informations que la plupart de ses homologues américains sur les politiques affectant la vie privée des utilisateurs" et note un "manque d'exemples clairs sur la façon dont il met en œuvre son processus de réponse aux demandes gouvernementales ou privées d'informations sur les utilisateurs"

Rédigé par Théo Roux