Ha, ces friches, nom de dieu, ces friches industrielles qui sont là, à travers les vitres du (oui, du, de le) bureau de L'Atelier North America.

Ces friches avec des camions bleus, des hangars à trucs, des cheminées, des verrières laminées par la pluie la grêle les cailloux les coups de feu, ce mystérieux et éteint bâtiment de la Pacific Coast Steel Corporation taguée, ce petit charriot qui trainasse sur un vague monticule comme s'il s'agissait d'une mine à ciel ouvert pour enfants, cette rouille qui rougit la tôle comme un soleil couchant éclairant le zinc d'un bar, cette antenne au fond qui fait pitié, toute malingre, ces pilonnes électriques aux formes étudiées pour provoquer l'interrogation sur leurs formes étudiées.

Et dire que j'ai failli louper cela à force de bidouiller le zigouigoui qui sert à l'équipe de L'Atelier Pacifique pour parler à la radio Atelier Numérique sur BFM avec François Sorel comme s'ils étaient L'Atelier Atlantique Breton, à force de changement de compression pour que le décalage sonore ne soit plus de deux secondes, mais d'une.

Mais chers camarades de L'Atelier NA, comment faîtes vous pour ne pas faire le poisson rouge devant tant de décrépitude magnifiée ?

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia