Prospective

L’IA intègre la brigade de police prédictive

  • 13 Juin
    2017
  • 2 min

La police de la ville de Durham, au Royaume Uni, teste actuellement le programme HART basé sur l’IA pour prédire le potentiel criminel des détenus.

Alors que le Royaume Uni vient d’adopter la loi de surveillance de masse qui permet aux autorités gouvernementales de surveiller les données personnelles de sa population, la police administrative, quant à elle, commence à tester des outils de police prédictive. Durham, ville de près de 500 000 habitants au Nord-Est de l’Angleterre, teste actuellement le programme Harm Assessment Risk Tool, littéralement « outil d’évaluation de la capacité potentielle à nuire ». Basé sur l’intelligence artificielle, l’outil calcule un potentiel de criminalité pour les suspects placés en détention provisoire en croisant plusieurs données comme le casier judiciaire, la gravité des faits mais aussi des critères comme l’âge ou le sexe. Cela, pour décider de retenir ou non l’individu en prison. Ce procédé de modélisation des individus, qui ignore le principe de présomption d’innocence, fait déjà débat. Il se base en effet sur une suspicion de criminalité et assimile un fait illicite, un comportement illégal à une personne entière sans tenir compte des réalités structurelles. Si pour l’instant il ne constitue qu’une aide à la prise de décision purement consultatif en théorie, il n’est pas difficile d’imaginer qu’en pratique il en aille tout à fait différemment. La vraie intelligence policière, qui elle n’est pas artificielle, est avant tout la protection des droits et libertés individuelles, dont la présomption d’innocence fait partie. Car avant d’être des forces de l’ordre, n’oublions pas que les agents de police sont les gardiens de la paix.