Prospective

L’IA peut-elle vraiment prédire le risque de suicide ?

  • 22 Juin
    2017
  • 2 min

Des chercheurs des universités de Vanderbilt et de Floride ont mis au point une application capable de prédire les tentatives de suicide.

Selon le dernier rapport de l’Observatoire national du suicide, plus de 800.000 personnes se donnent la mort chaque année dans le monde, soit en moyenne un toutes les 40 secondes. En France, le chiffre est aussi inquiétant, avec près de 10.000 suicides par an. Si la cible majeure reste les jeunes de 15 à 29 ans, notamment avec le développement sur Internet du cyber harcèlement, le suicide ignore les statistiques. Pourtant des chercheurs américains ont cherché à développer un outil de prévention des risques de suicide à partir de l’analyse de signes médicaux alarmants. Pour ce faire, les chercheurs des universités de Vanderbilt et de Floride ont développé une application dotée d’une IA qui traite les données médicales de patients ayant été admis à l’hôpital pour auto-mutilation et idées suicidaires. Des algorithmes, croisant ces données, sont arrivés selon les chercheurs à prédire 80 à 90% des comportements suicidaires sur les 5167 patients que contenait l’échantillonnage. En ce sens, les initiatives se multiplient. On le sait, Facebook travaille déjà au lancement d’un outil pour déceler les messages et les publications faisant planer un doute sur un risque suicidaire. Toutefois, des questions restent ouvertes : des données médicales fournies à une IA sont-elles capables de comprendre la complexité des comportements humains et de prédire les tourments de l’âme ? Peut-on légitimement laisser des machines d’acier évaluer notre santé mentale ? Et si c’était le cas, ne risque-t-elle pas d’enfermer ces patients déjà vulnérables dans des cases préétablies ? N’y a-t-il pas ici un risque majeur d’ingérence dans la vie privée et de négation des droits et libertés individuelles ? Encore faudrait-il savoir si vivre est un choix, un droit ou un devoir.

Rédigé par Théo Roux