Lors d'un plan social, les conséquences sont évidemment douloureuses pour le salarié concerné, et pour sa famille. Mais elles ne s'arrêtent pas là. Elles retentissent aussi sur son environnement social. "Une seule période de chômage involontaire a un impact sur l'inclinaison du travailleur à être volontaire et participer dans des groupes ou organisations communautaires". C'est ce qu'avance une étude de l'université du Michigan à Ann Arbor. Et par implication, les auteurs parlent aussi bien d'une inscription à une bibliothèque que rejoindre des associations caritatives. Les résultats sont chiffrés : ceux qui ont connu l'inactivité forcée sont plus d'un tiers moins nombreux à s'impliquer que ceux qui n'ont jamais connu de coup dur.
À savoir restructuration, fermeture, relocalisation, de plan social ayant mené à la perte de leur emploi. Ce repli ne dure pas seulement durant la période d'absence d'activité professionnelle, mais durant toute la vie de la personne. Les effets d'un licenciement sont encore plus forts si celui-ci a lieu durant les périodes où les salariés sont censées gagner le plus : entre 35 et 53 ans. Si la "disgrâce" intervient entre 53 et 64 ans, le repli sur soi n'a pas lieu. "Le facteur honte d'une diminution du train de vie ne joue pas, parce que vos pairs sont peut- être obligés de faire de même, d'autant que vous pouvez cacher votre inactivité forcée en prétendant que celle-ci est due à une retraite anticipée". Super.

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia