Comment ça, les dangers des mondes virtuels le sont moins que ceux encourus dans nos véritables rues toutes de béton façonnées ou dans les cours de lycées ? Idem pour les émotions ressenties. Si l'on en croit l'étude d'une équipe internationale de chercheurs portant sur les personnes souffrant de troubles alimentaires type anorexie ou boulimie, "la nourriture présentée dans des environnement de réalité virtuelle cause la même réponse émotionnelle que si de la vraie nourriture avait été proposée". Etude, citons nos sources, publiée dans les Annals of General Psychiatry.
Le but de la recherche étant de voir comment de la "nourriture virtuelle" pouvait être utilisée pour évaluer et traiter les problèmes alimentaires. C'est vrai que présenter un faux steak à la place d'une entrecôte odorante et fumante, c'est une innovation médicale que seule l'ère de la réalité virtuelle, augmentée, géolocalisée et contextualisée pouvait nous apporter.
Ce qui est très perturbant dans cette histoire, c'est que pour soigner des troubles de l'alimentation, on expose d'abord les victimes (pardon les participants) à des images d'hamburgers obèses et de morceaux de lard grasseyants. Tout ça pour vérifier si, en bons héritiers de Pavlov, leur cerveau a réagi à la vue des monstres alimentaires qui leur sont exposés. Donc torturer mais pour leur bien, c'est de la médecine. Très bien. Où sont les électrochocs ?

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media