Prospective

Des plantes biofortifiées pour nourrir la planète

  • 05 Oct
    2017
  • 2 min

La biofortification, qui consiste à augmenter la teneur nutritionnelle de certains aliments, pourra-t-elle répondre à la problématique mondiale de malnutrition ?

Deux milliards d'individus souffrent de malnutrition à travers le monde, ce qui entraîne de nombreuses maladies (retard de croissance, cécité et mortalité infantile, entre autres). HarvestPlus est un programme de recherche agricole qui souhaite lutter contre cette « faim cachée » et, plus spécifiquement, les carences en micronutriments. Parmi les pratiques alimentaires du futur, la biofortification d'aliments de base (l'augmentation de leur teneur nutritionnelle) pourrait profiter à un milliard d'individus d'ici 2030. Les taux de fer, de zinc et de vitamine A peuvent ainsi être accrus dans le riz, le blé ou le maïs par exemple. Les cultures biofortifiées garantissent un apport suffisant en minéraux et vitamines pour ceux qui les consomment. En Ouganda, l'introduction d'une patate douce à chair orange, riche en bêta-carotène, a ainsi permis d'augmenter significativement les niveaux de vitamine A de la population. HarvestPlus travaille notamment en Afrique subsaharienne et dans les régions reculées de l'Inde. Elle utilise assez peu la manipulation génétique et se concentre essentiellement sur des procédés d'élevage sélectif. L'investissement de départ est extrêmement rentable une fois que le germoplasme (le tissu vivant du végétal à partir duquel d'autres plantes peuvent être cultivées) est partagé et cultivé. La pratique se révèle également intéressante dans les régions pauvres les plus reculées, où l'accès aux compléments alimentaires est impossible.

Rédigé par Marie-Eléonore Noiré