J'ai toujours craché sur le crowdsourcing sous-payé ou gratuit, comme celui proposé par Amazon (enfin aperçu dans un reportage télévisuel que j'ai gobé sans me renseigner plus avant). J'avais ricanné devant l'afflux de volontaires fans de facebook au point d'accepter de traduire gratuitement le réseau social en Français et Moldave. Et maintenant, chute (pas très haute) : je fais parti de couillons qui acceptent d'aider Twitter à traduire son média social en Français et Syldave. Au début, c'était amusant : il fallait traduire les pages entières, et on avait en cerise pour l'égo le bonheur de voir une preview temps réel de la page avec ses traductions. Puis, arrivé au niveau 4, c'est devenu franchement fastidieux.

J'ai dû traduire des bouts de phrases issus de la FAQ, des clauses juridiques. Des mots accompagnés de %{user}. Du bonheur. Tout ça pour arriver péniblement à Traducteur Niveau 5 (Level 5 car je n'avais pas traduit cette expression). Parce que oui, c'est devenu une addication cette idiotie. J'ai eu parfois l'impression d'être dans le Tetris de ma première et dernière GameBoy, le Tetris où à force d'heures et d'usage de ligaments de pouce, l'on aperçevait l'ariane V russe décoller avec une musique 8 bits. Ou d'être au McDo, avec en vue le tableau d'affichage du meilleur employé du jour. Pour avoir quoi ? Le droit de traduire la prochaine aventure du fils illégitime d'Harry Potter en Québecois ? Il est temps d'arréter, là.

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia