Prospective

Comment rester créatif à l'ère des IA ?

  • 11 Dec
    2017

Le développement exponentiel des intelligences artificielles fait ressurgir un nouvel existentialisme et un nouveau regard sur ce qui fait l'homme. À USI Talk, Luc de Brabendère a éclairci la question.

Que ferons-nous quand les intelligences artificielles deviendront plus intelligentes que nous ? Que ferons-nous quand elles travailleront à notre place ? Que nous restera-t-il ? C'est en filigrane la question posée durant la conférence de Luc de Brabendère, philosophe et ingénieur belge, venu à USI Connect présenter son nouvel ouvrage Homo informatix, qu'il décrit comme « une histoire peuplée de chiffres, de raisonnements et d'ordinateurs… mais une histoire avant tout humaine… et qu'aucun algorithme ne peut écrire ». En effet, selon lui, l'intelligence humaine ne pourra jamais se comparer à celle des machines, aussi puissante et autonome soit l'IA. D'abord parce qu'il est le seul à pouvoir penser en concept, en idée. L'IA, elle, est incapable de penser : elle traite des données, qui ne sont que des informations isolées. L'homme lui ne peut se réduire à de la simple mathématique, il est bien plus grand que cela. Preuve en est, rappelle Luc de Brabendère, la place qu'occupe l'incertitude, le doute et qui révèle ô combien l'émotion est indispensable à l'idéation. Aussi, la frontière majeure au développement des intelligences artificielles, c'est sûrement la créativité. Certains l'appellent « la faculté de changer notre vision du monde » , d'autres le génie. Il n'en demeure pas moins que penser l'intelligence artificielle dans un cadre uniquement rationnel permet de déconstruire les mythes qui entourent cette technologie et permet de penser plus clairement un monde moins froid. Pour Luc de Brabendère donc, « l'essence de l'intelligence est d'être humaine, elle ne peut pas être artificielle. Il n'y a pas d'intelligence artificielle ; on a des outils de plus en plus puissants qui nous permettent de faire ceci, de faire cela. » De vivre plus intensément en somme.

Rédigé par Théo Roux