Prospective

Les robots biohybrides, entre chair et acier 3D

  • 15 Juin
    2018
  • 2 min

Des chercheurs japonais ont mis au point un doigt de robot « biohybride » combinant impression 3D et tissu musculaire humain.

La frontière entre le vivant et la machine est encore en train de s'estomper. Évidemment, on est encore loin des imaginaires dystopiques où l'homme fusionnerait à la machine pour devenir autre. Si ce post-humanisme n'a qu'une réalité théorique, la biohybridation, elle, a bel et bien une réalité pratique. En effet, des chercheurs de l'Institut des sciences industrielles de l'université de Tokyo sont parvenus à mettre au point un doigt robotique incorporant des tissus humains vivants. Selon leur étude, les chercheurs ont utilisé une résine imprimée en 3D à laquelle ils ont attaché les tissus musculaire et leurs myoblastes reliés à des électrodes sensées stimuler une action musculaire afin que le doigt puisse se contracter et attraper un objet très léger (un anneau ou une fine étiquette). Pour les scientifiques, et après de nécessaires améliorations, ce dispositif pourrait conduire à élaborer des robots biohybrides plus complexes qui serviraient de nouveaux cobayes à l'industrie pharmaceutique. Mais le véritable enjeu reste celui de l'hybridation du vivant avec la machine. Un enjeu qui devrait plaire aux post-humanistes, puisque ces robots d'un nouvel ordre annihileraient le besoin d'interface entre ces deux espèces et permettraient d'imaginer de façon plus pragmatique ce à quoi pourrait ressembler l'homme augmenté.

Rédigé par Théo Roux