Prospective

De la sécurité à l'éthique, le design s'engage

  • 08 Fev
    2018
  • 2 min

Après le "Security by Design", place à l'"Ethics by Design" au service d'une technologie imaginée, dès sa conception, pour servir la société.

L'avez-vous remarqué ? Le design s'invite de plus en plus dans les débats autour d'une technologie plus sûre, plus durable, plus responsable, plus humaine. Au service de la sécurité d'abord, il a fait une entrée remarquée dans l'univers des objets connectés. Car si ces derniers, dont on estime qu'ils seront 50 milliards dans le monde en 2020, représentent de nombreuses opportunités en matière de santé, d'automobile ou de maison intelligente, ils font aussi planer l'ombre d'une menace s'ils ne sont pas « Secure by Design ». Comprenez s'ils ne sont pas imaginés, dès leur conception, pour pallier les attaques de hackers mal-intentionnés. Après la sécurité, donc, le design s'invite désormais dans un autre champ, tout aussi crucial : celui de l'éthique. De la même façon que l'on parle de « Privacy by Design » quand on touche au sujet de la protection des données personnelles, on parle aujourd'hui de plus en plus d'éthique by Design. Une méthode de conception des outils technologiques qui consiste à anticiper les usages et les pratiques en se posant un certain nombre de questions éthiques : protection des données personnelles, transparence vis-à-vis des clients, infobésité, frontière entre vie privée et vie professionnelle, fracture numérique, traçabilité, algorithmes prédictifs et libre arbitre. Outre le très médiatisé mea culpa de Tristan Harris, ancien designer éthique de Google, qui promeut désormais un design alternatif au design addictif, des designers plus discrets s'investissent chaque jour dans des projets aux valeurs aspirationnelles. Certains, dans la digne lignée de l'économie circulaire, sortent d'écoles de design et veulent changer de paradigme économique en réutilisant plutôt qu'en jetant. C'est le cas de Paul Morin, un jeune designer qui a imaginé une imprimante increvable pour lutter contre l'obsolescence programmée et ses dérives écologiques. D'autres, comme Rand Hindi, CEO de la start-up Snips, qui s'appuie sur l'intelligence artificielle, veulent éviter que la multitude d'objets ne harcèlent leurs utilisateurs de demande d'informations. Ainsi, à l'heure où la guerre des intelligences fait rage, les métiers autour du design semblent, eux aussi, promis à un bel avenir.

Rédigé par Oriane Esposito