Prospective

La Suède a le futur dans la peau

  • 17 Mai
    2018
  • 2 min

Les Suédois sont déjà des milliers à être séduits par l'implantation d'une puce électronique pouvant héberger bon nombre de données personnelles. Un modèle réplicable en France ? Pas si sûr...

On dirait un scénario tout droit tiré d'un film d'anticipation. Pourtant, le futur est déjà là, dans le reflet du miroir noir des nouvelles technologies. Et il s'écrit sous notre peau. En effet, la dernière tendance technologique, si tant est qu'on puisse la qualifier comme cela, nous vient de Suède où près de 3000 personnes se sont laissées séduire par des implants électroniques depuis leur mise sur le marché en 2015. Un succès inespéré qui laisse à penser que le pays serait prêt à multiplier les dispositifs de lecteur de puce NFC (Near Field Communication) dans les villes, les entreprises ou encore les commerces. Cette puce sous-cutanée héberge de nombreuses données, pouvant aller de la carte nationale d'identité aux données bancaires ou aux badges d'accès en passant par des billets de concert. En plus d'être médicalement controversée, en ce que l'on en ignore encore les risques potentiels chez les personnes implantées, ces puces présentent un grand risque au niveau de la protection des données. Si les défenseurs du système affirment que l'implant est totalement sécurisé, rien ne garantit la personne contre un possible piratage. Aussi et surtout, le dispositif pose la question du droit à l'intégrité du corps humain en ce qu'une telle invasion technologique, dans le corps même de la personne, pourrait mener à bien des dérives sécuritaires, autoritaires ou discriminatoires. En France, où la protection des données personnelles et l'intégrité du corps font l'objet d'une vigilance particulière, un tel dispositif ne pourrait certainement pas voir le jour. Ou, du moins, pas tel qu'il est actuellement mis au point. Pourtant, l'implant pourrait présenter de nombreux avantages, si toutefois nous vivons dans un monde où les données étaient véritablement protégées et où les organisations étaient véritablement respectueuses de tout les droits humains. Or, en l'état, encore une fois, difficile d'imaginer de tels implants se développer dans le pays sans voir immédiatement ses néfastes effets potentiels.

Rédigé par Théo Roux