L'alcool est à consommer avec modération. Mais ce liquide peut avoir aussi une conséquence heureuse dans cette ère énergétiquement onéreuse. Diageo, qui réconcilie à sa manière les antagonismes Est-Ouest en produisant aussi bien des whisky que des vodkas s'allie à Dalkia pour produire de l'énergie. Comment ? "Anaerobic digestion and biomass conversion" non pas en version bricolo, mais "on a commercial scale". Selon le communiqué, l'installation de Cameronbridge (en Ecosse) constituera le plus large investissement dans les technologies renouvelables opéré par un non spécialiste de l'énergie. Outre le prix de l'installation (65 millions de livres sterling), plein de chiffres aussi dans ce communiqué prolixe : on attend une réduction de CO2 de 56 000 tonnes (soit l'équivalent de 44 000 voitures familiales sur la route) sur le site de la distillerie. Et ce, en récupérant 98% des "thermal steam" et "80% of electrical power". L'idéal pour ne pas favoriser ce fléau qu'est l'alcoolisme serait de faire comme Superdupont le faisait avec le tabac : acheter de l'alcool pour favoriser l'énergie verte et la récolte des taxes par l'état, et jeter le breuvage dans l'évier pour éviter de détruire son foie.

Rédigé par Renaud Edouard-Baraud
Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia