Lors de la première édition l’an dernier du Midem latino, le vice-président du label Universal Music Latino s’était écrié “le piratage est le problème numéro 1, numéro 2 et numéro 3 en Amérique Lati...

Lors de la première édition l’an dernier du Midem latino, le vice-président du label Universal Music Latino s’était écrié “le piratage est le problème numéro 1, numéro 2 et numéro 3 en Amérique Latine. Le marché des contrefaçons égale, voire dépasse les ventes licites”. En un an, la situation ne s’est pas améliorée. Pour 1 million de cassettes audio commercialisées légalement, il s’est vendu au Brésil 75 millions de copies! Le rapport est de 1 à 17 au Pérou et de 1 à 2 au Mexique, mais ce dernier se rattrape avec les CD et les logiciels. Selon la fédération des producteurs phonographiques (FLPAF) “c’est du vol pur et simple, une véritable tragédie. Sur 400 millions de CD vendus, il y a 200 millions de contrefaçons. Les éditeurs, les auteurs et les interprètes sont spoliés à hauteur de 1 milliard de dollars par an”. Souvent, les cassettes vierges sont fabriquées en Asie et importées clandestinement par de véritables mafias. La reproduction est devenue une véritable industrie. Au cours d’une opération, la police argentine a ainsi découvert un atelier où 150 ouvriers se relayaient 24 h/24 pour copier et conditionner des tubes de Julio Iglesias et de Gloria Estefan. Les contrefaçons de CD sont fabriquées dans des usines de Macao ou de Chine, en marge des séries officielles, et écoulées par la ville de Ciudad del Este au Paraguay et sur la frontière du Brésil et de l’Argentine.

Pour la première fois, il y a deux ans, les éditeurs se sont cotisés à hauteur de 5 millions de dollars pour lancer une campagne de sensibilisation du public et des autorités. La FLPAF a monté ses propres unités antipirates. 2 000 inspections ont été effectuées en 1997 pour des saisies d’un montant total de 27 millions de dollars, soit moins de 3 % des droits spoliés “nous essayons de convaincre la police, les autorités locales et les gouvernements que le piratage est un crime, car eux seuls disposent des moyens de faire respecter dans leurs pays les droits d’auteurs et d’éditeurs”. Un ensemble de lois a été signé par le président brésilien Cardoso, réprimant les piratages audio, vidéo et informatique. Au Mexique, aucun délinquant interpellé pour une affaire de contrefaçon n’a pour l’instant effectué la moindre peine de prison. (Libération - 27/08/1998)