quelques dizaines de F, on peut sur Internet donner son nom à une étoile et même acheter un bout de terrain sur la Lune ou sur Mars. On peut même se payer toute une planète à condition toutefois d'y...

quelques dizaines de F, on peut sur Internet donner son nom à une étoile et même acheter un bout de terrain sur la Lune ou sur Mars. On peut même se payer toute une planète à condition toutefois d'y mettre le prix. Ainsi, il faut tout de même le savoir, vous pouvez acquérir Pluton pour 250 000 dollars (1,6 million de F environ), ce qui sera, selon son vendeur "l'affaire de votre vie", on n'en doute pas un instant. Ces ventes sont devenues la spécialité doublement virtuelle de plusieurs sites du World Wide Web (www.moonshop.com - www.marshop.com - www.texusa.com/moon - www.themenu.com/starregistry.htm). Il vous suffit d'envoyer le numéro de votre carte de crédit et, en échange, vous recevrez votre titre de propriété. Ce qui est le plus incroyable, c'est que çà marche, au début de l'été, plus de 1 000 personnes ou entreprises s'étaient déjà rendues acquéreurs d'un morceau de Lune (il est vrai qu'un lot lunaire de 720 hectares se négocie 171 F "taxe lunaire" et frais d'envoi du certificat compris, ce qui n'est pas cher). Cependant, depuis quelques semaines, la ballade martienne du petit robot de la Nasa a eu deux effets. Non seulement, elle a réveillé un fantasme interplanétaire toujours latent chez les américains, mais de plus, elle a fait gagner des galons à l'Internet. Plusieurs millions de terriens ont pu ainsi, grâce au Web, suivre les aventures en "live" du petit robot. Au printemps dernier, un Californien, Dennis Hope, qui dès 1980 avait revendiqué la propriété de la Lune auprès de l'US Claim Registry and Copyright Office et fondé la société Lunar Embassy pour revendre "son" satellite par lots (soit plus de 3 millions de lots), a ouvert son site sur Internet et est devenu une vedette aux Etats-Unis, interviews à la télévision, à la radio, articles dans la presse se succédant. Récemment, Lunar Embassy a étendu son commerce à la planète Mars et organise, depuis cet été, la vente "en blocs" de Pluton. Ses pages web sont à la fois un mélange de sérieux et de sourires. Les parcelles de Mars par exemple (800 hectares pour 200 F) sont vendues sour l'appelation de selims, qui retourné donne smiles (sourires). Astucieux, Hope propose non seulement du papier, mais aussi des tee-shirts, casquettes et autres tasses aux couleurs de Lunar Embassy. Depuis, d'autres se sont lancés dans l'aventure du cyberespace comme le site Texusa qui propose lui aussi des terrains sur la Lune, Mars et Uranus. L'international Star Registry, en Australie, quant à elle, offre aux internautes de donner leur nom ou celui d'ami à une étoile pour 200 dollars (1 250 F environ). Cette affaire révèle qu'Internet est très efficace pour vendre des mirages, il ne suffit que de quelques pages web bien conçues, avec images et liens vers des sites officiels, comme celui de la Nasa, pour parvenir à créer une illusion et la monnayer grâce au commerce électronique. Ce commerce peut néanmoins être très lucratif, on évalue la fortune de Dennis Hope à plus de 500 millions de F (soit 3 millions de terrains à 171 F pièce). Quant à International Star Registry, son "patrimoine" est pratiquement indéfini vu le nombre d'étoiles (à 200 dollars) toujours en attente de nom. (Libération - 14/08/1997)