Le canadien ATI et l'américain Nvidia se livrent une guerre sans merci sur le secteur ultra compétitif des cartes graphiques haut de gamme, qui se destinent en priorité aux geeks et autres...

Le canadien ATI et l'américain Nvidia se livrent une guerre sans merci sur le secteur ultra compétitif des cartes graphiques haut de gamme, qui se destinent en priorité aux geeks et autres hardcore gamers . ATI annonce cette semaine la sortie d'une carte construite sur sa nouvelle génération de processeur graphique (GPU - Graphic Processing Unit ), le R520. En parallèle, le constructeur annonce une perte nette de 104 millions de dollars sur le quatrième trimestre de l'année fiscale.

Ce monstre de puissance, baptisé Radeon X1800 et décliné en deux versions (XT et XL), est vendu aux alentours de 500 dollars. Cette "carte ultime" sera-t-elle suffisamment convaincante pour contrer le Geforce 7800 du concurrent Nvidia, dont nous évoquions la sortie en juin ?

Une puissance démesurée...

Disons le tout de suite : en dépit des quelques mois supplémentaires dont a disposé le Canadien pour peaufiner sa nouvelle arme, les performances ne semblent pas de beaucoup supérieures à celle de la carte concurrente. Ce qui ne les empêche pas d'être réellement impressionnantes.

Plutôt que d'évoquer les résultats des tests comparatifs, qui évaluent les différentes cartes en fonction du nombre d'images par seconde qu'elles sont capables d'afficher dans un jeu, parlons des spécifications techniques.

Les joueurs PC se souviendront d'un temps où l'on évoquait avec ravissement les premières cartes graphiques embarquant leur propre mémoire dédiée. Aujourd'hui, les cartes graphiques haut de gamme sont équipées d'autant de mémoire vive que n'en contient un PC moyen (512 Mo). Cette mémoire, cadencée à des fréquences très élevées, sert à stocker les textures nécessaires à l'affichage d'environnements en 3D dans les jeux.

Les constructeurs de carte graphique aiment s'exprimer dans un langage abscons pour le commun des mortels. Pour les initiés, nous dirons que le R520, le GPU de cette nouvelle carte, est construit sur une architecture radicalement différente de celle des précédentes cartes de la marque ATI. Le processeur est théoriquement capable d'exécuter 10 milliards d'instruction à la seconde. Il gère les Shaders 3.0, fonctionne sur un bus de 256 bits et peut traiter plusieurs opérations en même temps (mutlithread). Le bus de mémoire affiche des débits théoriques de 48 Gigabits par seconde.
500 dollars de puissance dédiée au jeu

Pour ceux qui n'y connaissent rien et que ces détails techniques - qui mériteraient toutefois d'être approfondis - n'intéressent guère, nous dirons juste que cette simple carte graphique dispose de performances proprement gigantesques, qu'elle gère les éclairages dynamiques et les réflexions complexes, et qu'elle permet, dès lors qu'elle est utilisée avec un processeur suffisamment puissant, de jouer à tous les jeux actuels et à venir, dans des résolutions et des niveaux de détail inégalables...

... sauf par la concurrence. Au vu des tests comparatifs, les cartes haut de gamme respectives d'ATI et de Nvidia sont dans un mouchoir de poche. ATI remporte de justesse la palme du fps ( frames per second , terme du jargon des gamers qui désigne le nombre d'images affiché par seconde à l'écran), mais arrive plus de trois mois après son concurrent, qui prépare déjà sa riposte.

...tout comme le prix

La Radeon 1800 XL est vendue à partir de 450 dollars et la Radeon 1800XT à partir de 500 dollars, soit le prix d'un Mac Mini, d'un PC de bureau moyen dans écran ou d'un petit ordinateur portable.

Avec 104 millions de dollars de perte nette pour le dernier trimestre, ATI pourrait-il vraiment se refaire une santé avec cette carte destinée à un public vraiment ciblé ? Bien que cela paraisse surprenant, ce n'est pas impossible. Les fabricants de carte graphique tirent l'essentiel de leurs profits des cartes d'entrée de gamme, et justement, l'avis des consommateurs est influencé par le duel que les deux leaders se livrent au sommet. D'autant qu'après quelques temps, les GPU dernier cri sont repris, avec une quantité de mémoire moindre et des performances revues à la baisse, pour équiper le milieu de gamme.

Ces cartes, dont les prix sont démesurés, se vendent finalement bien. Toute une fange de la population de joueurs PC est prête à sacrifier des sommes abyssales pour jouer dans les conditions optimales et... frimer sur les forums ou dans les rencontres de jeu en réseau (LAN).

Jusqu'ici, le jeu sur PC, épaulé par une carte graphique puissante, permettait d'afficher les jeux avec un rendu nettement supérieur à celui de n'importe quelle console de salon. Mais avec l'arrivée des consoles "next gen", dont la puissance est nettement supérieure aux Xbox et autres Playstation 2, la donne pourrait changer. Une partie des irréductibles du jeu sur PC pourraient alors retourner leur veste et rejoindre le camp de ceux qu'ils nomment les "consoleux"...

(Atelier groupe BNP Paribas- 07/10/2005)