Délicieuses ou détestables, les odeurs sont intrinsèquement liées à notre perception du monde. Aujourd'hui, surfer sur la toile met à l'épreuve notre toucher, pour naviguer, cliquer, saisir du...

Délicieuses ou détestables, les odeurs sont intrinsèquement liées à notre perception du monde. Aujourd’hui, surfer sur la toile met à l’épreuve notre toucher, pour naviguer, cliquer, saisir du texte… Notre vue, pour lire, regarder des photographies, des vidéos… Notre ouïe, pour écouter des mp3, entendre le doux bruit d’un nouveau message arrivé dans sa messagerie électronique…

Deux sens sont cruellement mis à l’écart de cette expérience sensorielle d’Internet : l’odorat et le goût. Une injustice à laquelle l’entreprise britannique Telewest Broadband pourrait en partie remédier. Celle-ci teste en ce moment une nouvelle technologie, qui, si elle fonctionne, permettrait aux internautes de correspondre par e-mail parfumé, aux sites web d’agences de voyage de vous faire humer le parfum du jasmin… en somme, d’associer toute activité sur Internet à une odeur spécifique, et de doter le monde virtuel de la dimension olfactive du monde réel.

Sur le plan technique, Telewest Broadband parle d’un simple appareil à brancher sur son PC - comme on le ferait d’une imprimante ou d’un scanner - et qui mélangerait certaines odeurs pour reconstituer le parfum à diffuser autour de l’ordinateur. Telewest Broadband n’en dit pas beaucoup plus sur cette fameuse technologie de l’avenir, et il n’est donc pas évident de juger son éventuel potentiel, sa précision, etc.

Ce qui est certain, toutefois, c’est qu’une solution de ce type peut poser problème, à l’heure où le spam envahit nos messageries électroniques, et où les pops-up s’invitent de manière anarchique sur nos écrans. A quand le mail ou la publicité qui, vantant une chaîne de restauration rapide, nous enverra, à l’heure du café matinal, une odeur chargée de friture ? Laissons à chacun le loisir d’imaginer quel type d’odeur ses ennemis seraient susceptibles de lui envoyer… Sensations ?…

(Atelier groupe BNP Paribas – 20/02/2004)