Avec l'appui de Matignon, Catherine Trautmann, la ministre de la Culture, a lancé hier, au nom du gouvernement, une sévère mise en garde à Canal Plus concernant son projet de rapprochement avec Rupe...

Avec l'appui de Matignon, Catherine Trautmann, la ministre de la Culture, a lancé hier, au nom du gouvernement, une sévère mise en garde à Canal Plus concernant son projet de rapprochement avec Rupert Murdoch, le patron de News Corp et principale actionnaire de BSkyB. Le gouvernement souhaite que les groupes audiovisuels se renforcent et "nouent des alliances", mais "qui soient positives par rapport à leur activité de production". Tout en rappelant l'opposition de Rupert Murdoch "à tout système de régulation" national ou européen, la ministre a lancé "nous connaissons tous ses conceptions. Seuls l'intéressent aujourd'hui les 40 % du marché européen qui (lui) permettrait d'étendre son groupe sur le continent". Pierre Lescure, le PDG de Canal Plus, faisait savoir, au même moment, dans un communiqué qu'il avait rencontré hier Rupert Murdoch pour "évoquer à nouveau l'éventualité d'une alliance entre Canal Plus et BSkyB qui permettrait de créer un groupe européen de télévision à péage à même de jouer avec succès dans la compétition globale". Tout en assurant "aucune décision n'a été prise", Canal Plus a finalement suspendu les négociations. Elles ne seront reprises que si Murdoch accepte les conditions posées par le groupe français, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Canal Plus et Vivendi "son actionnaire principal" ont rappelé hier soir dans un communiqué ces préalables "Canal Plus doit rester une société française", "L'alliance potentielle doit respecter tous les engagements de Canal Plus en faveur de la culture et de la création en France", "Canal Plus doit avoir une position dominante" dans la future société. (Les Echos - Libération - 04/03/1999)