Selon son président, Bruno Delecour, le bouquet de chaînes numériques CanalSatellite, créé le 28 avril 1996, filiale de Canal Plus à 70 %, peut se vanter d'un succès "boosté par la concurrence". ...

Selon son président, Bruno Delecour, le bouquet de chaînes numériques CanalSatellite, créé le 28 avril 1996, filiale de Canal Plus à 70 %, peut se vanter d'un succès "boosté par la concurrence". Aujourd'hui, le premier bouquet numérique européen compte 1,150 million d'abonnés individuels et 100 000 collectifs supplémentaires (essentiellement des hôtels). Dans un entretien aux Echos, Bruno Delecour affirme "nous aurons entre 1,3 et 1,4 million d'abonnés avant la fin de l'année, soit près de 30 % de plus que ce que nous prévoyions pour cette date lors du lancement. C'est une explosion comparable à celle de la téléphonie mobile. Aujourd'hui, la France a le plus fort taux au monde d'équipement de terminaux numériques avec 10 % des foyers équipés. CanalSatellite, qui a eu un rôle moteur, continue d'en profiter puisque notre part de marché reste de 55 % sur les recrutements d'abonnés en réception directe". Après trois ans de pertes, CanalSatellite, forte de cette avancée, devrait être bénéficiaire dès 2000. Après avoir enregistré un résultat net négatif de 780 millions de F en 1997, puis de 470 millions en 1998 pour un chiffre d'affaires de 2,3 milliards de F, la chaîne devrait présenter encore une perte en 1999 de 150 millions de F pour un chiffre d'affaires de 3 milliards. Selon Bruno Delecour, l'amélioration du résultat ne procède pas "de la seule progression mécanique" des abonnements. "Le coût des recrutements est en baisse, de l'ordre de 500 F par nouvel abonné. Et le prix des terminaux, de quelque 1 000 F à l'achat aujourd'hui, a été divisé par deux en trois ans, allégeant considérablement nos charges". Le chiffre d'affaires par abonné est supérieur à 200 F par mois et par foyer "nous pensions que les premiers abonnés seraient les plus "accros" et donc de plus grands consommateurs que les suivants. En réalité, c'est l'inverse". Bruno Delecour estime que l'attraction pour la télévision numérique par satellite repose en effet d'abord "sur la qualité et la diversité des programmes. Les nouvelles options marchent bien. La chaîne de foot OM TV, créée en janvier, a déjà 20 000 abonnés, et l'option Découverte, lancée en novembre, près de 100 000. Le paiement à la séance, qui représente 10 à 15 % du chiffre d'affaires, reste, lui, un phénomène d'achat lié aux évènements sportifs, donc beaucoup plus erratique". Tout en continuant à s'étoffer de nouvelles chaînes, CanalSatellite mise aujourd'hui sur l'arrivée de nouveaux services interactifs "à valeur ajoutée". Après la météo, le téléachat, il devrait lancer une "plate-forme" de banque à domicile "ouverte à tous les établissements financiers". En partenariat avec les industriels (Philips, Sony, Pace, Nokia, Intel ...), le groupe Canal Plus prépare de nouveaux terminaux disponibles "à la fin de l'année". Bruno Delecour rappelle que si le succès du numérique doit beaucoup "au risque assumé par les opérateurs" français d'investir et de louer leurs décodeurs "contrairement aux distributeurs d'autres pays comme l'Allemagne, le groupe Canal Plus n'a pas vocation à être le propriétaire perpétuel du parc d'équipements de ses abonnés. L'idée est plutôt d'inciter les industriels à les mettre sur le marché, voire à les intégrer aux téléviseurs; Avec cette deuxième génération de terminaux, il s'agit surtout d'offrir l'accès au Net sur le poste de télévision et de proposer des interconnexions avec les autres équipements du foyer comme les lecteurs DVD". (Les Echos - 28/04/1999)