Bruxelles. Les Britanniques vont être les premiers en septembre à faire basculer leur système de télédiffusion terrestre du mode analogique vers le numérique. Cependant, il est fort probable que le...

Bruxelles. Les Britanniques vont être les premiers en septembre à faire basculer leur système de télédiffusion terrestre du mode analogique vers le numérique. Cependant, il est fort probable que les décodeurs de cette TV numérique terrestre devront rester allumés 24 h/24. Si l'on en croit la revue New Scientist, cela équivaudrait à une puissance électrique de 325 mégawatts, voire de 500 mégawatts si l'on rajoute les décodeurs satellites, soit la production d'une importante centrale à gaz ! En effet, pour que les opérateurs de TV par satellite puissent adresser des messages individuels à chacun de leurs abonnés (signaux électroniques autorisant la réception d'un match de foot diffusé en pay per view par exemple), afin d'éviter la veille permanente des décodeurs, ils peuvent répéter sans cesse les signaux, les boitiers les récupérant dès leur mise sous tension. Mais, en raison de l'encombrement des ondes au sol, la diffusion terrestre ne peut se le permettre. Les décodeurs de la télé hertzienne devront donc rester, soit allumés, soit en état de "veille active" "dans cet état, les terminaux consommeront entre 70 et 80 % de leur puissance nominale", soit entre 17 et 20 watts nuit et jour par décodeur. Comme d'autres pays européens envisagent aussi de se convertir au numérique terrestre, la Commission européenne s'inquiète. Les principaux fabricants d'équipements se réuniront à cet effet en avril. Comme l'indique un expert "certains fabricants proposent des terminaux qui consomment peu, mais nécessitent la réinitialisation du logiciel, d'autres font l'inverse. Mais au bout du compte, ce sont les opérateurs qui dictent leurs conditions, en fonction du type de services qu'ils veulent offrir aux abonnés". Preuve de bonne volonté, les seize principaux fabricants de matériel vidéo se sont engagés le mois dernier auprès de Bruxelles à réduire la consommation de leurs téléviseurs et magnétoscopes en mode "stand-by". Pas plus de 10 watts et une moyenne de 6 watts sur l'ensemble de la gamme à partir du 1er janvier 2000. Reposant en partie sur l'attitude des opérateurs, cette autodiscipline en matière de décodeurs est plus difficile à mettre en oeuvre "les opérateurs français semblent bien moins sensibilisés au problème que leurs homologues allemands". Il faut reconnaître qu'EDF produit tant de courant qu'elle en exporte 15 %, alors .... (Libération - 20/02/1998)