Un petit nombre de sociétés se partagent l'édition de revues scientifiques spécialisées, activité très lucrative. Estimé à plusieurs milliards de dollars, ce marché dégage des marges de profit pou...

Un petit nombre de sociétés se partagent l'édition de revues scientifiques spécialisées, activité très lucrative. Estimé à plusieurs milliards de dollars, ce marché dégage des marges de profit pouvant dépasser les 40 %. Bibliothèques et chercheurs se rebellent aujourd'hui devant le prix excessif de certains abonnements (jusqu'à 83 460 F ou 12 750 euros). Prônant l'abandon du papier au profit des journaux électroniques, certains espèrent qu'Internet permettra de remédier à cette crise. Soutenues par les chercheurs, les universités, les bibliothèques et les organismes de recherche, les expériences se multiplient et entrent en concurrence avec les produits des éditeurs classiques, eux aussi sur Internet. Aujourd'hui, le système traditionnel du journal scientifique est fragilisé. Le système des journaux papier pourrait bien finir à terme sur la "chaise électronique". Selon Andrew Odlyzko, mathématicien aux Laboratoires ATT et expert en économie de l'édition électronique, maintenir des milliers de journaux lus par quelques centaines de personnes ne sera plus longtemps viable. La plupart d'entre eux n'existeront plus qu'en ligne. L'avenir des éditeurs scientifiques du Web ressemble à celui des libraires on line, comme amazon.com. Désormais, les chercheurs peuvent dénicher à partir d'un seul site, comme la gigantesque base de données américaine Medline, le texte de n'importe quel article dans n'importe quelle revue. (Une page - Le Monde - 22/01/1999)