Certains internautes hésitent de plus en plus à divulguer des informations personnelles sur les sites collaboratifs, préoccupés par la question de la vie privée. Cela, même s'ils possèdent un compte depuis longtemps.

La confiance dans un réseau n'est pas liée à la durée de fréquentation

La méfiance des usagers envers les réseaux sociaux, en augmentation ? Oui, si l'on en croit une étude menée par l'université de Pace à New York. Selon Andrew Boyd, l'auteur de la recherche, la durée d'utilisation d'un site collaboratif n'est pas proportionnelle à la confiance que l'internaute place en ce dernier. En effet, le scientifique a cherché à savoir quelles sont les variables qui influencent les comportements et les attitudes liées à la divulgation d’informations privées en ligne, et comment ces variables évoluent dans le temps. Ainsi, souligne l'étude, la diffusion de données personnelles et l’ajout de nouveaux amis seraient en baisse, même si l’utilisateur fréquente la plate-forme depuis longtemps. C’est d’autant plus le cas avec l’évolution des campagnes publicitaires sur ces médias.

Des internautes méfiants

D’une part, les préoccupations des enquêtés quant aux informations sur la vie privée dans les médias sociaux augmentent dans le temps et leur méfiance envers ces sites également. Il en est de même pour la perception des risques engendrés par la divulgation d’informations privées. Enfin, plus les utilisateurs vont fréquenter les réseaux sociaux, moins ils vont y divulguer des informations privées. Les questions ont été élaborées en étendant le model IUIPC aux médias sociaux : il s’agit d’une méthode empirique qui teste l’implication des internautes quant à la divulgation d’informations privées.

Données quantitatives et qualitatives

Pour répondre à ces interrogations, le chercheur a interrogé un panel d’internautes en ligne sur des questions relatives à leur divulgation d’informations privées sur Facebook, Twitter, MySpace, LinkedIn et Flixster. 150 étudiants de son université et 150 canadiens ont répondu à l’enquête quatre fois par mois sur 6 mois entre avril 2009 et décembre 2010. Les données quantitatives récoltées ont été suivies d’entretiens qualitatifs en février et mars 2011. Ces questions portaient entre autre sur la prise de conscience des questions de confidentialité, sur la perception des campagnes publicitaires ou également sur les demandes d’ajouts aux listes d’amis. Reste que le scientifique reconnaît un biais dans son processus, sachant que l'étude a été menée auprès d’enquêtés impliqués dans la recherche, et dont les réponses peuvent avoir été biaisées.