Rapidement, avec l’envahissement des magnétoscopes dans les foyers, la vidéo est devenue une des fenêtres de diffusion du cinéma. 57,4 % des ventes de ce secteur sont réalisées par les longs-métrage...

Rapidement, avec l’envahissement des magnétoscopes dans les foyers, la vidéo est devenue une des fenêtres de diffusion du cinéma. 57,4 % des ventes de ce secteur sont réalisées par les longs-métrages. Alors qu’en France et au Portugal, il faut attendre un an à compter de la sortie du film en salle pour pouvoir acquérir une cassette (neuf mois selon dérogation), l’Autriche et la Grèce peuvent, selon les accords, sortir une vidéo après un délai de quatre mois. Il faut six mois d’attente en Allemagne, en Belgique, au Danemark, en Finlande, en Hollande ainsi qu’en Irlande, Norvège, Suède et Suisse. Régie par la loi de 1982, la vidéo est hors du champ d’application de la directive européenne. Après accord avec le Bureau de liaison interprofessionnel du cinéma (Blic) son délai en France est passé de douze à neuf mois. Elle rentre ainsi directement en concurrence avec le même délai de neuf mois fixé pour le paiement à la séance (voir la revue de presse du 07/08). Selon le Syndicat de l’édition vidéo, au prix moyen de 130 F “le plus élevé d’Europe dans ce domaine, il se vend 60 millions de cassettes enregistrées par an, un peu plus de cassettes vierges”. Près de 20 F sont reversés au producteur du film vendu. Le coût d’une cassette varie de 15 à 20 F, la TVA est à 20,6 % contre 5,5 % pour le paiement à la séance. 2 % de taxe sont reversés au centre national de la cinématographie par chaque cassette pour alimenter le compte de soutien du cinéma. Enfin, l’industrie de la vidéo a droit à la publicité depuis 1990. En 1997, selon le SEV, le marché français de la vidéo, en perte de vitesse depuis quelques années, a réalisé un chiffre d’affaires éditeur de 3,683 milliards de F, en hausse d’à peine 0,84 % “les dépenses des consommateurs pour la vidéo sont supérieures à 6,5 milliards de F”. 48 millions au total d’unités ont été vendues. Alors que les films français représentent 12 % des ventes (9,6 % il y a un an), les longs-métrages étrangers, pour la plupart américains, comptent pour 45,4 % du chiffre d’affaires (+ 11 %). Le marché de la location a réalisé un chiffre d’affaires éditeur de 439,3 millions de F (1,2 milliard de F consommateur), celui de la vente plus de 3,2 milliards (5,3 milliards consommateur). Avec Internet permettant de passer commande par carte bancaire dans tous les pays d’Europe liés par le traité de Rome, au moment où l’explosion prévue du DVD se produit, qui empêchera demain un Français de commander son disque numérique? Même si les inventeurs du système DVD ont bien prévu des zones géographiques mondiales de cryptage, on peut acheter aujourd’hui sans problème à Paris des DVD multizones. Même si la cassette a encore de beaux jours devant elle, le DVD risque de lui faire perdre des points. (Le Figaro 07/08/1998)