L'actualité regorge depuis quelques temps d'informations sur des affaires de cyber dissidence, en Chine. Cyber dissidence ? Il faut comprendre par ce néologisme l'expression, via Internet ...

L’actualité regorge depuis quelques temps d’informations sur des affaires de cyber dissidence, en Chine. Cyber dissidence ? Il faut comprendre par ce néologisme l’expression, via Internet, d’opinions politiques en désaccord avec le pouvoir chinois. 46 personnes sont ainsi emprisonnées en Chine pour avoir créé un site ou publié un texte critique envers le pouvoir en place. Par exemple, à la fin du mois de novembre, Jiang Lijun a été déclaré coupable de "subversion du pouvoir de l'Etat » et condamné à quatre ans de prison pour ses écrits sur Internet en faveur de la démocratie et pour avoir eu l'intention de fonder le « Parti chinois de la démocratie et de la liberté ».

L’organisation de défense des journalistes « Reporters sans frontières » accuse aujourd’hui 14 multinationales d’aider à la censure de l’Internet en Chine, et a ainsi adressé aux dirigeants de ces entreprises des lettres détaillant leur responsabilité dans la surveillance que le pouvoir établit sur Internet. Selon « Reporters sans frontières », « certains de ces dirigeants s’associent directement à la répression du gouvernement chinois en lui vendant du matériel permettant de surveiller le Réseau. D’autres se contentent de fermer les yeux au nom de leurs intérêts commerciaux. »

Pour l’organisation, Cisco Systems, qui commercialise en Chine du matériel de surveillance, et Yahoo !, qui a accepté de modifier son portail pour être présent en Chine intègrent la première catégorie, et portent la plus forte responsabilité de la censure sur Internet en Chine. D’autres, comme Siemens ou Intel, qui ne font qu’y commercialiser leurs produits, sont jugés moins responsables par RSF.

( Atelier groupe BNP Paribas – 04/12/2003)