Le journal intègre un widget qui affiche les messages édités sur Twitter et en rapport avec le contenu édité sur la page. Le but : enrichir l'éditorial de sources supplémentaires.

Pour The Daily Herald, un tweet a droit à la même visibilité qu'un article

Pour enrichir le contenu de ses articles de presse, le journal américain The Daily Herald s'intéresse à Twitter. Il s'est rapproché de l'agrégateur de contenus Crowdynews pour intégrer sur son site un widget affichant une sélection des messages publiés sur la plate-forme de micro-blogging. Cette sélection se fait en fonction de la pertinence et de l’association de mots clés entre l’article et les tweets : Crowdynews collecte automatiquement les messages considérés comme pertinents avec l'article affiché sur le site du journal. Une initiative approuvée par Laura Pynson, directrice d'études chez Think Out. "Le simple geste d’ouverture vers les médias sociaux peut-être interprété par les lecteurs comme un signe de modernité et d’humilité", explique t-elle.

Sortir de sa posture de détenteur unique de l'information

Pour elle, une telle initiative donne la possibilité à un média de sortir de sa posture de détenteur unique de l’information. D'autant que le flux sera proposé de manière ininterrompue et en temps réel. Autre chose : "Cela permet de prolonger la durée de vie de l'article sur la Toile", note t-elle. Selon les responsables de Crowdynews, agréger des tweets à un article vise aussi à susciter des visites plus fréquentes et prolongées, améliorant ainsi l'exposition et les recettes publicitaires. Sur cela, Laura Pynson reste plus mitigée. "Le bénéfice lecteur reste à prouver", nuance t-elle. "Les journaux entendent tellement parler des médias sociaux qu'ils se sentent obligés de faire quelque chose", juge t-elle. "Parce qu'ils espèrent fidéliser leurs lecteurs en leur parlant un nouveau langage". Mais avec, regrette t-elle, souvent beaucoup de maladresse et une efficacité limitée.

Réfléchir à l'impact sur la productivité éditoriale

"Utiliser les réseaux comme source de contenu est une idée, mais qui ne sera concluante que si le journal réfléchit à l'utilité de la démarche et du dispositif, lesquels ne se justifient que s'ils améliorent et enrichissent la production éditoriale". Enfin, le système, s'il agrège des messages issus de particuliers sur un thème, ne fédère pas une communauté de fans : les contenus sont affichés par mots clés, pas par individus. Or, conclut la responsable, "tous les médias rêvent de s'approprier cette dimension émotionnelle, pour être non seulement un fournisseur d'informations, mais également un animateur de l'actualité".

Rédigé par Maxime Besson Vivenzi