industriels investissent le secteur. Bien qu’il ne se soit vendu en 1997 que 2,3 millions d’appareils photographiques numériques, contre 60 millions d’appareils traditionnels, une cinquantaine de s...

industriels investissent le secteur. Bien qu’il ne se soit vendu en 1997 que 2,3 millions d’appareils photographiques numériques, contre 60 millions d’appareils traditionnels, une cinquantaine de sociétés ont déjà investi ce créneau. Ce n’est pas fini, que ce soient les industriels de la photographie, de l’informatique, de l’optique ou de l’électronique, ils sont nombreux à s’intéresser à ce marché appelé à croître fortement (10 millions d’unités sont attendus pour l’an 2000). Jusqu’à présent, l’usage du numérique était surtout le fait des professionnels, mais les particuliers commencent à s’y intéresser. Jean Pierre Baux, directeur général de la Fédération française des industries de l’image souligne “elle attire même à la photo de nouvelles catégories de consommateurs, en même temps elle n’entame pas la progression des appareils classiques”. On prévoit pour cette année la vente de 80 000 appareils numériques, contre 40 000 en 1997. L’an dernier, les Français ont consacré à la photo près de 17 milliards de F, acheté 2,2 millions d’appareils classiques et 128 millions de films, soit un chiffre d’affaires “travaux photo” de 8,9 milliards de F pour les laboratoires. Le parc d’appareils en activité actuellement (un film par an au moins) atteint 18 millions d’unités, auquel il faut ajouter les 18 millions d’appareils jetables vendus l’an passé. Leader sur le marché français des appareils numériques (20 % en volume, 25 % en valeur), Olympus envisage de doubler ses ventes cette année. Bien que la part du numérique ne représente que 5 % du chiffre d’affaires total chez Fuji Film, le groupe juge également ce secteur en plein développement, comme l’explique Denis Mielle, chef des produits numériques “l’équipement informatique des foyers (un sur quatre en France), l’utilisation d’Internet pour envoyer ses clichés, la chute programmée des prix (entre 2 000 et 10 000 F actuellement pour un appareil, selon la résolution d’image donc du nombre de pixels) et l’appétit pour une nouvelle forme de manipulation de l’image sont autant de facteurs qui plaident pour une démocratisation du numérique. Dans la perspective de la bataille technologique qui va s’intensifier, notre usine mondiale de capteurs promet de peser d’un poids important”. Le groupe Kodak pour sa part situe déjà le numérique sous l’angle de la grande consommation. Tous les industriels de la photographie affirment que leur culture de l’image doit leur permettre de faire la différence avec leurs concurrents issus essentiellement de l’univers informatique, bureautique ou vidéo. Mais quels que soient leurs métiers de base, tous les acteurs doivent investir massivement pour s’implanter sur ce marché. C’est pourquoi, nous assistons actuellement à de nombreuses alliances, comme celle conclue entre Kodak et Intel en mai, ou bien l’accord passé début novembre entre Sanyo et Philips. (Une page Le Figaro Economie 23/11/1998)