Une expérience peu banale, en passe de devenir un véritable succès, se déroule dans l’un des plus importants pénitenciers d’Europe avec 1 660 prisonniers, Berlin-Tegel, en Allemagne. Une ...

Une expérience peu banale, en passe de devenir un véritable succès, se déroule dans l’un des plus importants pénitenciers d’Europe avec 1 660 prisonniers, Berlin-Tegel, en Allemagne. Une cinquantaine de détenus travaille dans les ateliers de cette prison à la confection de vêtements vendus sur Inernet. C’est la cyberboutique haeftling.de qui distribue la collection du même nom que le site web, terme qui signifie « détenu » en allemand.

D’après le chef des ateliers du pénitencier, Ulrich Fehlau, le succès de la griffe « haeftling » est déjà « énorme » et les commandes nombreuses. Les délais sont même de « presque deux mois » pour le vêtement commandé. Chaque détenu reçoit entre 7,71 et 12,85 euros d’indemnités par jour pour travailler à la fabrication de ces vêtements qu’eux-mêmes portent tous les jours.

Le projet est né par hasard, à l’occasion d’un concours d’affiches auquel participait Herr Ledesi GmbH, petite agence de publicité berlinoise. Ayant découvert « le potentiel de ces produits », « beaux, simples, bien faits, de sorte qu’on peut tout à fait les vendre comme des articles branchés, selon Stephan Bohle, directeur créatif de la société, Herr Ledesi GmbH prépare une affiche sur laquelle figure un détenu tenant un panneau où est écrit « chemise. 29 euros ». Si l’agence n’a pas remporté de prix, elle a contribué au lancement du projet.

La gamme « haeftling » comporte une large palette de produits, allant de la chemise rayée à col Mao aux vestes en toile coton déclinées en sept couleurs, en passant par les chaussures de sport en cuir brun à bandes bleues. Ces dernières ne coûtent que 25 euros, une veste approchant les 32 euros, ce qui rend ces produits très compétitifs au regard de la concurrence. L’exemption de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) dont bénéficient les pénitenciers allemands est pour beaucoup dans ces tarifs bon marché.

(Atelier groupe BNP Paribas – 18/07/2003)