Facilement transportable et peu cher, un système d’immersion mis au point dans une université américaine veut se mettre au service des ingénieurs et aider en cas de catastrophes.

Diviser par 300 le prix des systèmes d’immersion 3D

À la Brigham Young University dans l’Utah aux États-Unis, professeurs et étudiants se concentrent depuis un an sur un projet à part: le VuePod. À première vue, cela ressemble à un jeu vidéo très perfectionné avec douze écrans haute-définition accolés, des lunettes 3D et le système de contrôle de la Wii. Rien de révolutionnaire a priori. Pourtant c’est dans cette simplicité que se cache l’innovation du projet VuePod. Car loin d’être le premier système d’immersion en 3D, il est le premier qui soit conçu avec des outils existants majoritairement dans le commerce. En conséquence, des 10 millions de dollars que peuvent coûter les systèmes d’immersion actuels on passe à 30 000 dollars. L’économie est considérable puisque le prix est divisé par plus de 300.

Dans les faits, le système permet de visualiser un environnement extrêmement détaillé en trois dimensions. Pour capturer un lieu, les étudiants et les chercheurs de la Brigham Young University ont utilisé un drône low-cost. Ce dernier enregistre des millions de points de données. Le VuePod reconstitue ensuite le tout sur les écrans.

En récoltant régulièrement les données d’un lieu naturel ou urbain, les chercheurs ont ainsi la possibilité de percevoir les changements en cours. Des changements pas toujours perceptibles autrement. La propagation d’une telle technologie grâce à son prix serait donc une opportunité considérable pour les scientifiques et les ingénieurs. Surveiller l'érosion d’une route deviendrait beaucoup plus facile pour ne prendre que cet exemple.

Autre domaine qui ne pourrait que bénéficier d’une technologie d’immersion à bas coût : les premiers secours. En cas de catastrophes, il serait facile de mettre en place rapidement le système d’immersion VuePod et de lancer les drônes afin de percevoir de quelles façons les lieux ont été touchés, notamment pour les tremblements de terre. Des système un peu similaires avaient déjà été créés via des satellites ou des robots mais ils étaient, d’un point de vue logistique, assez compliqués à installer. Les chercheurs de l’Utah ont d’ores et déjà publié le résultat de leurs recherches mais espèrent que d’autres s’en empareront pour améliorer encore leur système, rendant toujours plus abordables les technologies d’immersion.

Rédigé par Guillaume Scifo