Styku permet aux acheteurs en ligne de se scanner et ainsi construire un avatar qui essaie les vêtements qu’ils désirent acheter.

E-commerce: Styku utilise la Kinect pour faciliter l'essayage virtuel des vêtements

Commercialisée en février 2012, la Kinect de Microsoft aurait pu être simplement couplée à une Xbox pour permettre à ses utilisateurs de jouer de manière plus interactive. Cependant, Microsoft a choisi d’en diversifier les activités. L’entreprise a ainsi lancé un accélérateur comprenant une promotion de 11 start-ups qui développent des solutions diverses et variées de cet appareil; une initiative relativement fructueuse. Atlas 5D propose par exemple de positionner la Kinect chez des personnes agées en situation de dépendance afin de pouvoir garder un oeil sur l’évolution de leur état, tout en préservant leur intimité grâce à un système qui brouille légèrement l’image. Kimetric permet aux magasins physiques d’obtenir des statistiques précises sur le profil de leurs clients et leurs interactions sur le lieu de vente. Styku a fait le choix de se positionner sur le créneau du commerce en ligne. En effet, alors que beaucoup d’acheteurs hésitent souvent à acheter doutant de leur taille ou de l’aspect qu’aura le vêtement sur eux et préférant le tester auparavant, Styku leur permet grâce à la Kinect de se scanner pour ainsi visualiser ce à quoi ils ressembleraient.

Construire un avatar en se scannant

Pour utiliser Styku il faut donc se positionner devant la Kinect pendant environ cinq secondes les bras levés attendant que la caméra prenne les mesures. Puis le logiciel prend une trentaine de secondes pour convertir ces données en mesures véritables: poids, taille, tour de taille et autres mensurations. Lorsque les utilisateurs se scannent, Styku leur propose ainsi des modèles qui leur conviendraient et les tailles conseillées. Le client a ensuite la possibilité de faire varier les tailles d’un même modèle sur son avatar et de visualiser les endroits où le vêtement est le plus près du corps grâce à une carte de couleur. D’autres solutions proposent, comme Styku, un essayage virtuel, mais aucune n’offre l’option de se scanner. La plupart demandent d’entrer manuellement ses mensurations; un processus fastidieux, et qui ajoute de la friction dans l’expérience de shopping en ligne. Metail, qui a été intégré au site de Tesco propose par exemple une cabine d’essayage virtuelle où le client doit rentrer ses propres mesures, des pieds à la tête. Le processus est aussi composé d’une série de questions sur les goûts des utilisateurs et la façon dont ils aiment porter leurs vêtements.

Augmenter le taux de conversion d’achat en ligne

Ce type de solutions devrait se développer s’intégrant de mieux en mieux aux sites de e-commerce. Styku vient d’ailleurs de s’engager dans un programme pilote avec le site du grand magasin américain Nordstrom. En 2011, le site de Macy’s avait déjà intégré la solution proposée par True Fit, une start-up qui propose de rentrer manuellement ses mensurations. Ces start-ups ont toutes pour objectif de réduire les barrières à l’entrée concernant le e-commerce. Les acheteurs en ligne sont souvent hésitants, notamment vis-à-vis de leur taille qui diffère d’une marque ou d’un site à l’autre. Enfin, les marques perdent beaucoup de chiffre dans des retours d’articles que les acheteurs ne trouveraient pas à leur taille. Gagner la confiance des utilisateurs permet ainsi d’augmenter leurs chances de revenir sur le site s’ils en ont apprécié l’expérience. C’est pourquoi les utilisateurs ont la possibilité de conserver leurs données pour les réutiliser au prochain achat. 

Rédigé par Clémence Coursimault
Journaliste analyste