Le constat s’impose, l’économie participative fait désormais partie de nos vies, cependant de nombreux pays manquent de données fiables à ce sujet, une équipe de chercheurs du Royaume-Uni fait donc part de ses recommandations.

Économie collaborative : le Royaume-Uni peut mieux exploiter ses data !

Le Royaume-Uni est le deuxième pays au monde dans lequel l’économie participative soit aussi développé après les Etats-Unis, dont le marché vaudrait 15 milliards en à peine 7 ans. Car même si le Royaume-Uni et les Etats-Unis comptent le même pourcentage de consommateurs qui se disent prêt à partager (55% selon une étude Havas Worldwide de 2015), les consommateurs américains sont plus nombreux à avoir passé le cap (20% contre 16% au Royaume-Uni selon la même étude). La raison à cela, selon le rapport de Sharing Economy UK, résiderait dans le manque ou la mauvaise fiabilité de nombreuses données sur l’impact de celle-ci sur l’emploi, le revenu des consommateurs ou encore l’impact sur les commerces existants qui, peut-être pourrait éclairer et pousser le public à plus s’engager.

Ainsi, trois problèmes majeurs ont été identifiés. Tout d’abord, les catégories d’emplois officielles dans les sondages ne font pas la différence entre les emplois traditionnels et ceux de l’économie collaborative, par exemple la catégorie hôtel et logement similaire comprend à la fois les logements type hôtels de l’économie traditionnelle et les logements Airbnb. Par ailleurs, ces revenus sont souvent des revenus complémentaires qui n’atteignent pas une somme suffisante pour être déclarés et pris en compte dans la plupart des statistiques. Et pourtant, une étude d’Airbnb en 2013 a montré que 80% des gens qui accueillaient des hôtes au Royaume-Uni le faisaient dans leur résidence principale en plus de leur emploi, 63% avouaient que ce complément de revenus leur permettaient de payer leurs factures et qu’ils auraient eu des difficultés financières sans cela. Enfin, 44% des personnes dévoilait que ces sommes complémentaires les autorisaient à rester dans leur résidence actuelle. Problème statistique, la plupart des gens qui louent des logements ne le considère pas forcément comme un travail et ne le déclarent pas comme tel.

Le logement devient une source de revenus

Enfin, l’économie digitale est en général peu suivie statistiquement et les chiffres ne concordent pas toujours. Il y aurait par exemple selon le gouvernement britannique 120 000 entreprises dans le digital au Royaume-Uni alors que l’Institut National de la Recherche Economique et Sociale en comptabiliserait entre 270 000 et 471 000. De même, une étude de PWC de 2015 estime que les revenus générés par ce secteur en 2025 seront proches des 9 milliards de livres sterling alors qu’ils n’atteignaient que 500 millions en 2014. Selon ce même rapport, 3% de la main d’oeuvre du pays fournirait un service sur une plateforme participative ce qui semble bien peu surtout quand on sait qu’une autre étude de Nesta en 2014 annonçait qu’un quart de la population du Royaume-Uni participerait à cette économie collaborative que ce soit en proposant ou en achetant un service.

Pour obtenir des statistiques plus fiables sur l’économie participative, les chercheurs conseillent aux instituts de sondage de beaucoup plus s’orienter vers les particuliers et son degré d’implication et pas seulement vers les entreprises ou même les plateformes dédiées. De même, ils proposent d’effectuer un suivi sur le long terme de l’investissement horaire des particuliers dans ces activités, ainsi qu’un suivi des prix proposés sur ces plateformes pour voir si les mesures de l’inflation correspondent ou non. Enfin, parmi les propositions, on retrouve celle de changer les classifications professionnelles pour mieux discerner les emplois traditionnels de ceux de l’économie participative.

Rédigé par Constance Guyon
Journaliste / attachée de production