Des morceaux sans DRM (Digital Rights Management) sur Internet? Voilà qui est fort facile à trouver, sur des plates-formes comme Airtist, VirginMega ou encore FnacMusic. Mais jusqu'à présent, les morceaux déverrouillés provenaient de...

Des morceaux sans DRM (Digital Rights Management) sur Internet? Voilà qui est fort facile à trouver, sur des plates-formes comme Airtist, VirginMega ou encore FnacMusic. Mais jusqu'à présent, les morceaux déverrouillés provenaient de maisons de disques indépendantes souhaitant donner plus de visibilité à leurs artistes en permettant l'interopérabilité. Les titres appartenant aux majors conservaient pour leur part leur fameux verrou. Les choses pourraient bien être en train de changer...
 
En effet, la maison de disques EMI vient d'annoncer officiellement l'abandon total des DRM sur l'ensemble de son catalogue sauf les Beatles. Les plates-formes de téléchargement pourront désormais vendre la musique appartenant à la major sans aucune protection anti-piratage. Et encore plus surprenant: la première à avoir signé est... Apple. Il y a quelque chose de nouveau au royaume de la musique...
 
Seul petit bémol: les morceaux sans DRM seront plus chers que leurs homologues protégés. En effet, le titre sera proposé dès le mois de mai à 1.29 dollar ou 1.29 euro, contre 0.99 dollar ou 0.99 euro pour les titres sous DRM. Selon EMI et Apple, cet écart de prix s'explique par une meilleure qualité du son de la musique non protégée, disponible sous le format AAC à 256 kbits/s. Un album sans DRM coûtera, pour sa part, le même prix.
 
Les utilisateurs ayant déjà téléchargé de la musique en provenance du catalogue d'EMI pourront convertir leurs morceaux en version sans DRM pour 0.30 euro l'unité. Et pour ceux que les verrous numériques ne gênent pas, Apple continuera à proposer les titres d'EMI avec DRM au tarif initial.
 
Jusqu'à présent, l'ensemble des majors défendait obstinément des protections qui, estiment-elles, protégent les morceaux du piratage, et assurent ainsi un revenu à leurs artistes. Quant à Apple, les morceaux achetés sur iTunes, sa plate-forme de téléchargement, n'étaient lisibles que sur son terminal dédié, l'iPod. Selon Steve Jobs, qui a opéré un étonnant changement de discours dans une lettre ouverte publiée début février prônant l'abandon des DRM, ce verrouillage n'était pas un choix mais une obligation exigée par les majors.
 
"[Universal, Sony BMG, Warner et EMI] contrôlent 70% de la musique mondiale. Quand Apple a approché ces maisons de disques pour obtenir le droit de distribuer leurs musiques légalement sur Internet, elles ont été extrêmement prudentes et ont demandé qu'Apple protège leurs catalogues de la copie illégale. La solution a été de créer le système des DRM [...]", avait-il annoncé dans cette missive.
 
EMI aurait-il entendu l'appel du patron de la firme à la Pomme? Il semble surtout que la major a réagi aux nombreuses critiques faites par les consommateurs et de nombreux professionnels sur le manque d'interopérabilité des morceaux, véritable frein à l'expansion de la musique numérique légale.
 
Eric Nicoli, le p-dg d'EMI, a annoncé à Reuters se montrer "[convaincu] qu'en offrant aux consommateurs l'occasion d'acheter des morceaux de meilleure qualité et de les écouter sur l'engin ou la plate-forme de leur choix, nous augmenterons nos ventes de musique numérique".
 
Et si l'ère du sans DRM venait de commencer? 

Mathilde Cristiani pour L'Atelier
 

(Atelier groupe BNP Paribas – 03/04/2007)