La situation du secteur des jeux vidéo inquiète le ministre délégué à l'Industrie. Patrick Devedjian avait réuni vendredi les professionnels du secteur pour une session de travail. Lors de son...

La situation du secteur des jeux vidéo inquiète le ministre délégué à l'Industrie. Patrick Devedjian avait réuni vendredi les professionnels du secteur pour une session de travail. Lors de son discours d'ouverture, le ministre a rappelé que la France abritait le troisième plus grand marché d'Europe, derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne.

Le chiffre d'affaires hexagonal  ? Plus d'un milliard d'euros , en croissance annuelle de 15 %. La cible ? 15 millions de joueurs . Ses salariés ? 1 500, principalement basés dans les régions parisienne et lyonnaise. Le nombre d'acteurs ? Une soixantaine de studios de développement . Sans oublier que la France doit principalement ses performances dans le secteur des jeux vidéo à trois éditeurs : Ubisoft , Atari (ex Infogrames) et VU Games , qui se classent au top ten mondial. Du côté des contenus jeux pour mobiles, le ministre a également cité les noms de In-Fusio et Gameloft.

« Le bilan peut paraître flatteur », sauf que comme l'a rappelé Patrick Devedjian, plus d'une vingtaine de sociétés françaises du secteur ont cessé leurs activités entre 2001 et 2004. Alors que Microsoft vient de présenter sa nouvelle Xbox (lire à ce sujet notre article du 12.05.2005 ), et que le marché s'attend à l'arrivée prochaine des derniers produits Nintendo et Sony, le développement des jeux sur ces nouveaux supports devrait coûter de 2 à 3 fois plus cher que le développement sur les consoles actuelles. Soit un investissement de 10 à 20 millions d'euros par nouveau titre.

Reconnaissant une fuite des talents vers l'Amérique du Nord, et l'inévitable concentration du secteur à venir, Patrick Devedjian a fait le bilan des actions publiques ces dernières années :

1 - Le Fonds d'aide à l'édition multimédia, créé en 1989 et dont les moyens ont été renforcés en 2003. De septembre 2003 à avril 2005, « le FAEM a engagé près de 10 millions d'euros d'aide, sous forme d'avance remboursable en cas de succès du jeu. Au total 71 projets déposés par 53 sociétés de production et de développement de jeux ont pu être soutenus ».

2 – Le réseau de Recherche et d'innovation en audiovisuel et multimédia (RIAM) a soutenu 13 projets du domaine du jeu vidéo entre 2001 et 2004, pour un montant total d'aides directes supérieur à 3,5 millions d'euros à des projets traitant d'aspects tels que les moteurs de jeux, l'intelligence artificielle, les jeux en ligne massivement multi-joueurs ou les jeux pour la téléphonie mobile.

A la suite de la réunion de travail, le ministre a présenté 5 engagements du ministère pour soutenir le secteur. Au programme : le renforcement du Fonds d'aide à l'édition multimédia et l'ouverture d'un budget de 3 millions d'euros pour les appels à projets spécifiques sur les jeux vidéo ; la priorité donnée au jeu vidéo et à la réalité virtuelle au sein du RIAM, l'accompagnement des pôles de compétitivité en région lyonnaise et parisienne ; la tenue de réunions de travail entre professionnels du secteur ; et enfin la programmation d'une étude sur les enjeux de la R&D pour l'industrie du jeu vidéo.

(Atelier groupe BNP Paribas - 16/05/2005)